Fil info
09:46GM&S avec des propositions à l’Elysée... https://t.co/xJfsnbBEJ7
18:31RT : de grâce donnez nous le numéro SIRET de La Souterraine Industrie » cette société n’est pas inscrite au registre de commerce !

« Graves dysfonctionnements », petites mutations

MARSEILLE. Le rapport de l’IGA sur la libération du tueur de la gare Saint-Charles est cinglant pour les services de l’État. Deux hauts-fonctionnaires sont mutés.

ATTENTAT
Le gouvernement a simplement « mis fin » hier aux fonctions du préfet et du secrétaire de sa préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, après un rapport pointant pourtant de « graves dysfonctionnements » dans l’affaire des deux jeunes filles tuées le 1er octobre à Marseille.
Le préfet Henri-Michel Comet a été remplacé par Stéphane Bouillon, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), selon le communiqué du conseil des ministres. La décision du gouvernement « n’est pas un acte d’autorité », mais le rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA) « a pointé des dysfonctionnements jugés graves », a expliqué le porte-parole du gouvernement
Christophe Castaner, s’excusant presque du geste. Le secrétaire général, Xavier Inglebert, a lui été remplacé par Emmanuel Aubry, qui occupait le même poste en Loire-Atlantique.
Manque de moyens
Ahmed Hanachi avait été interpellé deux jours avant son attaque, pour vol dans un centre commercial de Lyon, puis remis en liberté le lendemain, alors qu’il était en situation irrégulière et que son parcours pouvait inquiéter. Face à la polémique, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait demandé un rapport à l’IGA.
Or ce dernier est plus que sévère. Il met non seulement en exergue « des dysfonctionnements graves du dispositif d’éloignement » des étrangers en situation irrégulière. Mais aussi un manque de moyens criant des services concernés. Cette enquête administrative
accuse ainsi une « mauvaise organisation de la permanence de l’éloignement, qui ne dispose pas, du reste, des moyens matériels et humains nécessaires pour être efficace ». L’enquête administrative déplore aussi « le choix fait, dans le Rhône, de ne pas rechercher de place dans les autres centres de rétention que celui de Lyon-Saint-Exupéry pour des individus documentés, représentant une menace pour l’ordre public et dont les possibilités d’éloignement sont sérieuses ». Et regrette parallèlement « le faible nombre de places effectivement disponibles dans ce centre », qui « se trouve dans un état de sévère dégradation ».
« Ne se sentait pas autorisé à déranger » le sous-préfet Le rapport ne pointe pas de fautes individuelles mais relève des « erreurs de jugement ». Il décrit les conditions de la remise en liberté de Hanachi le samedi et confirme la saturation, ce matin-là, du centre de rétention administrative (CRA) de Lyon-Saint-Exupéry. Une place s’est cependant libérée à 13h30, et trois autres vers 16h, soit 20 minutes après la libération de Hanachi. Ayant pris connaissance du dossier vers 14h, l’agent de permanence, « considérant qu’aucune mesure ne pourrait être prise avant 16h, heure à laquelle se terminait la permanence, en raison de la participation du sous-préfet à une cérémonie officielle (...), a pris la décision de mettre fin à la procédure sans avertir préalablement le sous-préfet, parce qu’il ne se sentait pas autorisé à le déranger », selon le rapport. Pour l’IGA, il peut être reproché à l’agent « de ne pas avoir pris l’initiative d’appeler le sous-préfet de permanence, au moins pour lui faire signer une obligation de quitter le territoire français » pour Hanachi. Mais elle souligne aussi la mauvaise organisation des sous-préfets de permanence ce week-end, tout en précisant que le sous-préfet « n’a pas interrompu sa permanence ».
Pas limités au « 30 septembre »
Pis, ces dysfonctionnements ne sont pas limités à la « seule journée du 30 septembre 2017 », écrit l’IGA, qui formule des préconisations largement reprises par le ministre. M. Collomb a en effet annoncé une batterie de mesures destinées à réformer
la gestion de l’éloignement partout en France, avec 200 places supplémentaires dans les CRA et une volonté d’utiliser « prioritairement» les places dans ces centres pour les « étrangers en situation irrégulière qui présentent une menace pour l’ordre public ». Un aveu, au passage, que ces CRA sont bien utilisés pour des migrants qui n’ont rien à y faire, comme le dénoncent les associations. En outre, « pour faciliter l’identification des personnes interpellées, un système biométrique relié au fichier de gestion des dossiers des étrangers (AGDREF) sera déployé » et « permettra la consultation du fichier à partir des empreintes digitales de la personne ».
Autant de mesures qui, prisent en leur temps, auraient pu sauver la vie de deux jeunes femmes.
F.D Avec AFP

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.