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« Que vaut votre parole aujourd’hui devant la représentation nationale ? »

ALSTOM. Le PDG a fait face aux nombreuses inquiétudes des députés sur la fusion avec Siemens lors d’une audition et à l’attaque répétée de François Ruffin sur le dossier GE Hydro.

ASSEMBLÉE
« Ce n’est pas possible, vous faites une réponse à la Pilate ! Alors que 345 personnes risquent de perdre leur emploi, vous dites ce n’est pas mon problème alors que vous êtes un des principaux actionnaires, qu’il y avait un engagement qui vous comprenait à l’intérieur du pacte ! » Le député de la France insoumise François Ruffin a haussé le ton hier lors de l’audition d’Henri Poupart-Lafarge, PDG d’Alstom, par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Rompre ainsi avec le ton feutré qui préside à ce type d’entretien a décontenancé le président de cette commission, le député LREM Roland Lescure, qui n’est que miel devant le PDG.
Certes le député de la Somme avait attaqué fort, s’en référant aux salariés de General Electric Hydro/Alstom en grève depuis une semaine et venus manifester devant l’assemblée, hier. « Ils voudraient de vos nouvelles puisque vous êtes actionnaire, mais ils n’en ont pas. On peut en avoir dans le communiqué de presse conjoint que vous avez publié avec Siemens » lance François Ruffin avant de lire : « dans le cadre de la fusion, les actionnaires existant d’Alstom recevront un dividende extraordinaire d’un montant maximal
de 4 euros par action, payés par les produits dans les options de vente d’Alstom dans les co-entreprises avec General Electric qui représente un montant d’environ 2,5 milliards d’euros ». 345 licenciements contre 2,5 milliards de dividendes, l’explication fait mal.
Le député LFI poursuit : « ce qui m’amène à poser la question de ce que vaut votre parole aujourd’hui devant la représentation nationale». Et de rappeler les engagements dans le dossier General Electric : créer 1000 emplois : « on est seulement trois ans plus tard et cet engagement craque déjà ».
Le PDG Poupart-Lafarge tente la carte du dédain, affirmant qu’il ne faut pas « caricaturer » et se disant « prêt à rencontrer les salariés » mais pour ajouter que cela ne servirait à rien puisque « c’est General Electric qui est aujourd’hui à la manoeuvre ».
Répondant à un commentaire du député communiste Sébastien Jumel qui déplore le voir « mettre le même enthousiasme que le ministre de l’Economie à nous faire passer la fusion avec Siemens pour une bonne nouvelle », Henri Poupart-Lafarge balaye : « je n’arrive pas à trouver de mauvaises nouvelles » mais de poursuivre avec une phrase fatale : « je ne suis cependant pas en train de vous dire qu’une fusion immunise un groupe des fluctuations du marché ». Fatale car c’est celle qui sera reprise par les médias. Et pour cause. Quelle que soit la couleur politique, les inquiétudes sont nombreuses quant à l’emploi même si le groupe s’est engagé à ne pas licencier durant quatre ans. « Et après ? D’autant que je ne vois pas comment les 470 millions d’économie annoncés pourraient se faire sans licenciement » interroge ainsi Grégory Besson-Moreau (LREM).
D’autres sujets d’inquiétude sont mis sur le tapis comme avec Julien Dive (LR) qui s’inquiète « de la fuite du savoir-faire ferroviaire en France » ou le Nouvelle gauche Dominique Potier qui souligne que « nous parlons de concurrence avec un géant chinois [mise en avant pour justifier la fusion] qui pèse deux fois plus que le géant que vous voulez créer, avec des coûts structurels inférieurs de 20%, liés à la concurrence totalement déloyale quant au dumping social et environnemental ».
En face, Henri Poupart-Lafarge se contente de dérouler son discours sur « les opportunités de la globalisation », les « évolutions du marché », « l’agilité du groupe » ou sur « tout ce qui renforce l’entreprise, renforce l’emploi ». Une belle langue de bois qui a effectivement de quoi faire sortir de ses gonds.
Angélique Schaller

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