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Concertation ou visite de courtoisie ?

RÉFORMES

Usant de la même méthode que pour les ordonnances, Emmanuel Macron n’a quasiment rien dit aux partenaires sociaux hier lors de leur entrevue sur les réformes de la formation professionnelle et du chômage.
Alors que la colère suscitée par le réforme du droit du travail fume encore, le président de la République a reçu hier les responsables des syndicats et du patronat pour aborder son deuxième chantier social : la réforme de la formation professionnelle et de l’assurance chômage.
Mais, comme lors des précédentes ordonnances, M. Macron ne lâchera rien de nouveau à Jean-Claude Mailly (FO), Philippe Martinez
(CGT) et François Hommeril (CFE-CGC). Les six autres leaders syndicaux et patronaux, dont Pierre Gattaz (Medef) devaient être reçus dans l’après-midi et Laurent Berger (CFDT) ce matin. « L’architecture n’est pas encore définie », commentera M. Mailly. Et c’est le Premier ministre Edouard Philippe, la ministre du Travail Muriel Pénicaud et celui de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer qui égrèneront
les détails la semaine prochaine.
Travailler sur «un texte»
Philippe Martinez fustigera aussitôt un exercice de «communication » qui a déjà profité à la loi Travail. « J’ai rappelé au président de la République que se voir c’est bien, discuter ça sert toujours, mais que nous n’avions pas des têtes d’alibis », cinglera M. Martinez. Le leader cégétiste réclame au contraire des discussions sur la base d’un «texte» et l’organisation de «multilatérales » réunissant tous les partenaires sociaux.
In fine ce sont donc les représentants syndicaux qui aborderont le fond. « Pas question de réduire les droits des privés d’emploi », résumera le secrétaire général de la CGT quand Jean-Claude Mailly s’insurgera contre «un système a minima» pour les indemnisations chômage. Car c’est bien la réforme de l’assurance chômage, devant être étendue aux indépendants et aux démissionnaires et passer sous tutelle tripartite patronat-syndicats-Etat, qui cristallise la défiance. Le corollaire que devrait dévoiler la semaine prochaine l’équipe ministérielle pourrait bien s’appeler en effet «baisse des cotisations». Si tel était le cas, les syndicats ont prévu de se rencontrer le 24 pour décider de leur riposte.
Frédéric Dutilleul

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