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Whirlpool : la machine à échapper à l’impôt

PARADISE PAPERS. Licencier, toucher le CICE et... échapper coûte que coûte à l’impôt. La logique, crue, du géant de l’électroménager décryptée dans une enquête du Monde.

AMIENS
En 2018, l’usine Whirlpool d’Amiens fermera ses portes. Une usine qui compte 286 salariés mais faisait aussi travailler 250 intérimaires de manière quasi-exclusive sans oublier la centaine de sous-traitants, notamment dans le plastique. Certes, l’entrepreneur picard Nicolas Decayeux va reprendre l’entreprise en ne gardant que 277 des 290 employés. Mais le géant américain va aller produire ses sèche-linge en Pologne, où le salaire minimum est de 540 euros par mois.
Les révélations des Paradise Papers ont cependant montré qu’il ne s’agit finalement pas que de « coût du travail » mais bien de financiarisation de l’industrie avec un groupe qui ne recule devant rien pour « optimiser » ses flux financiers. Autrement dit, pour éviter au maximum de payer des impôts. Une enquête réalisée par le Monde décrypte comment le groupe d’électroménager s’est « constitué un réseau de nombreuses filiales sans bureaux ni salariés partout dans le monde » afin que l’argent circule. Sur la base d’un document interne à Whirlpool – « un schéma de circulation du cash » – le quotidien a pu voir que, en 2015, l’argent a transité par 13 filiales
dans 9 pays avant d’arriver enfin à la maison-mère dans le Michigan.
A noter que parmi ces « escales », figurent deux pays européens : le Luxembourg et les Pays-Bas.
1 milliard de bénéfice en 2015 et seulement 209 millions d’impôt Le transit est pour le moins efficace puisque « grâce à cela, sur un peu plus d’un milliard de dollars de bénéfice avant impôt en 2015, Whirlpool explique n’avoir payé que 209 millions de dollars d’impôts grâce à différentes niches fiscales, un taux bien inférieur au taux officiel de 35% applicable normalement aux Etats-Unis » conclut explicitement Le Monde.
Le quotidien souligne également que le groupe a recours à une autre « astuce fiscale bien connue » : le recours à la dette plutôt qu’aux capitaux propres pour financer les filiales car permettant « de réduire l’impôt dans le pays où le groupe a des filiales opérationnelles en déduisant les intérêts des prêts des profits réalisés ».
Tout ceci est permis par des pays qui jouent au dumping fiscal mais aussi par des cabinets d’avocat.
En l’occurrence Appleby qui constitue une part très importante des documents ayant fuité dans le cadre des ces Paradise Papers – 6,8 millions de documents sur un peu plus de 13.
L’examen du dossier Whirlpool montre que le service est loin d’être économique. Des « frais minimum de 2700 dollars », des frais de gestion d'« au moins 6300 dollars par an » auxquels s’ajoutent de sibyllins « frais de gouvernement » allant de 1995 à 31 120 dollars liste Le Monde dans une correspondance entre le cabinet et Whirpool qui veut justement créer une nouvelle filiale coquille vide. Mais comme le souligne le journal, « à la clé, la promesse d’une exonération totale d’impôts sur les sociétés ».
Le Monde pointe enfin l’agitation dans la filiale française – Whirlpool France SAS – en 2015, juste avant le plan social. « Cette année-
là, le montant de ses prêts vers la société belge qui sert de banque européenne au groupe a subitement augmenté de 37,9 à 121 millions d’euros » s’étonne le journal. L’entreprise sollicitée répond qu’il « ne s’agit que d'une simple opération de trésorerie, qu’il n’y a rien à expliquer ».
Le groupe américain campe sur sa réponse qui est que « Whirlpool respecte toutes les lois et régulations applicables dans les pays où nous opérons » car tout ceci est effectivement légal et c’est bien là le problème.
Le géant américain assume aussi cette conception financiarisée de l’économie : « en tant que compagnie cotée en bourse, nous avons la responsabilité envers nos actionnaires de gérer au mieux nos opérations mondiales et fournir du retour sur investissement » .
Pourtant la pilule a de plus en plus de mal à passer. D’autant que le dossier a défrayé la chronique de la campagne présidentielle. A l’époque, c’était licencier en ayant touché le CICE qui choquait. Aujourd’hui, il faut donc ajouter : et en cherchant à tous prix à échapper à l’impôt.
Angélique Schaller

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