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Macron tente de rassurer autour de la politique de la ville

VISITES. Deux journées sur le terrain, en banlieue parisienne et à Lille, pour Emmanuel Macron qui veut apaiser les craintes provoquées par la politique du gouvernement dans le domaine des quartiers prioritaires. Parallèlement la tension avec les départem

QUARTIERS
C’est aujourd’hui à Tourcoing qu’Emmanuel Macron s'exprime sur la politique de la ville, après avoir « visité » hier Clichy-sous-Bois, Lille et Roubaix et fait quelques annonces autour des emplois francs (180 millions d’euros pour 2018, pour en financer environ 10.000), du recours au « testing » contre les discriminations (avec publication des résultats, selon le principe du « name and shame » -nommer et blâmer- à l’américaine), de la création d’un « conseil présidentiel » sur la politique de la ville (constitué de « jeunes issus des quartiers ayant réussi leur vie professionnelle ») ou du budget de la rénovation urbaine (des crédits portés à 10 milliards mais... financés principalement par les organismes HLM) et enfin reçu les différents acteurs à l’Elysée (lire ci-dessous).
Un discours durant lequel, selon son service com, il va « livrer sa vision de la politique de la ville », entouré des ministres des comptes publics Gérald Darmanin, de la Cohésion des territoires Jacques Mézard et du secrétaire d’État Julien Denormandie, à Plaine Images, ancien site industriel réhabilité et consacré aux industries créatives.
Une vision pour le moins attendue tant elle est actuelle… angoissante.
Si le candidat Macron s’était présenté à la Présidentielle à Bobigny en Seine-Saint-Denis laissant beaucoup espérer quant à la prise en compte des quartiers dits prioritaires et de la fameuse « égalité des chances » portée comme un étendard par le jeune candidat, depuis… nombreux ont déchanté.
Si ce n’est le vieux ministre Mézard qui célèbre dans des événements sans intérêt les 40 ans de la politique de la ville : plus rien. Ou plutôt, que des mauvaises nouvelles. Baisse des contrats aidés, coup bas contre le logement social et surtout coupes très sombres dans les dotations des collectivités territoriales malgré les annonces contraires lors de la conférence éponyme de l’été. Or, les 300 millions d’euros d’économie imposée aux municipalités toucheront en priorité les quartiers urbains.
Les maires en colère se sont donnés rendez-vous le 22 novembre prochain devant l’Assemblée nationale au moment de l’examen de cette question .
Les départements aussi sont en colère même si, lors de l’assemblée générale de leur association à Marseille, le Premier ministre Edouard Philippe était venu rassurer ces collectivités en leur promettant de prendre en charge le volet lié à l’accueil des mineurs isolés étrangers.
Des départements aussi en colère Mais le boomerang vient de revenir avec le président du département le plus pauvre de France, la Seine-Saint-Denis, où le président socialiste Stéphane Troussel vient d’annoncer qu’il ne verserait pas les 40 millions d’euros nécessaires au paiement du RSA de décembre à la CAF. Pourquoi ? Parce que l’enveloppe de 470 millions d’euros octroyée par l’État en 2017 pour payer ce RSA n’est pas suffisante et qu’il n’a pas l’intention « d’absorber l’incurie de l’Etat ». Un nouveau clash probable ? A l’image de celui que l’association des Régions de France a osé en quittant purement et simplement la conférence des territoires
pour signifier son opposition aux réductions arbitraires et autoritaires des dotations ? A suivre...
Angélique Schaller

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