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Les nationalistes prudents mais satisfaits

GOUVERNEMENT. Au terme de la première visite vendredi de la ministre Jacqueline Gourault, les dirigeants insulaires ont salué « un déblocage ».

CORSE
Ils réclamaient un geste de Paris depuis le soir de leur élection le 10 décembre dernier. Il est venu vendredi avec le déplacement de la ministre Jacqueline Gourault sur l’île, à Ajaccio.
Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni - respectivement élus mardi à la présidence du Conseil exécutif et de l’Assemblée lors de l’installation de la Collectivité territoriale unique (CTU) de Corse - ont rencontré la « Madame Corse » du gouvernement.
Et, contre toute attente, les deux hommes ont fait état d’un réchauffement de leurs relations avec l’exécutif national au terme de l’entrevue.
Ceux-ci avaient en effet tenu des propos pour le moins vifs cette semaine.
« Si une Constitution ne permet pas de reconnaître un peuple, c’est à la Constitution de changer et pas au peuple de disparaître », avait déclaré l’autonomiste Gilles Simeoni. Tandis que de son côté l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni avait estimé que pour l’heure « ni le Président de la République ni aucun membre de son gouvernement ne sont vraiment au courant de la question corse ».
Changement de ton, donc vendredi, dans la mesure où il a estimé qu’« on est clairement en présence d’un déblocage de la question constitutionnelle,
ce qui n’est pas rien. »
« Un point de blocage juridique et politique a été aujourd’hui levé », a observé Gilles Simeoni.
S’ils assurent demeurer prudents, ils ont néanmoins salué une « ambiance positive » et un « état d’esprit extrêmement constructif ».
S’exprimant un peu plus tard dans la journée, Jacqueline Gourault a réaffirmé une position de fermeté quant à la revendication nationaliste
sur la co-officialité du corse. « La langue de la République française est le français », a-t-elle souligné, avant toutefois de préciser que cela « n’empêche pas de reconnaître les langues, et notamment la langue corse et de faciliter son développement ».
« Droit à l’expérimentation »
Le « déblocage » évoqué par les dirigeants nationalistes ne réside donc pas sur cette question. Le motif de leur satisfaction a été dévoilé par la ministre, qui a admis n’être visiblement pas venue les mains vides, puisque « la réforme de la Constitution, qui est prévue par le Président de la République » a été abordée. Celle-ci employant la formule de « droit à l’expérimentation ». « Il y a des adaptations qui sont nécessaires de la loi sur les territoires et naturellement, c’est quelque chose qui pourra débloquer un certain nombre de sujets concernant la Corse », a-t-elle indiqué.
De quoi réjouir en effet ceux qui réclament une autonomie accrue pour l’île. A cet égard, la Collectivité territoriale unique, qui a fait disparaître
les deux Départements, fait figure de « laboratoire ». Un premier pas vers les « pactes girondins » prônés par Emmanuel Macron ?
Un calendrier de rencontres a également été fixé : après avoir été reçus par le Premier ministre le 22 janvier à Matignon, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni s’entretiendront avec le président du Sénat Gérard Larcher, à une date non encore précisée. « A la fin de ce premier cycle de discussions, le Président de la République aura l’occasion de s’exprimer pour donner sa vision de ce que doivent être les relations nouvelles entre la Corse et la République », a commenté Gilles Simeoni.
A.M. avec AFP

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