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Inégalité salariale et droits des femmes au menu du banquet du PCF

Dimanche matin à Montierchaume, la fédération de l’Indre du PCF avait invité une élue d’Orléans, militante féministe et membre du conseil national du PCF, pour venir échanger avec les militants et le public lors du traditionnel débat annuel.

Comme chaque année à l’occasion du banquet confraternel, les communistes de l’Indre avaient organisé dimanche matin un débat ouvert au public. Dès l’entrée du foyer rural de Montierchaume, pas de doute, on était du côté des luttes. À l’accueil, la pétition de soutien aux salariés d’AR industrie côtoyait l’affiche de sensibilisation à l’inégalité salariale homme-femme.
Dans la salle, une cinquantaine de personnes est venue écouter et débattre d’égalité des femmes et de lutte sociale avec Dominique Tripet, membre du conseil national du PCF, conseillère municipale d'Orléans et militante des droits des femmes. Au départ un constat, implacable et violent. Tous les trois jours en France, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Un drame national qui suit une tendance à la hausse. On déplorait 118 victimes en 2014, 122 en 2015, 123 en 2016, 130 en 2017. « En un an à Orléans, on compte 846 cas de violence, assène la militante féministe. En France, vingt femmes ont déjà perdu la vie depuis le début de l’année. Il y a un viol toute les dix minutes. Le tsunami Weinstein a permis au moins aux femmes de prendre la parole. »
Les violences faites aux femmes, c’est un thème que l’élue communiste connaît particulièrement. Après maintes tentatives, elle a réussi à convaincre le maire d’Orléans (LR) et sa majorité d’ouvrir un centre d’accueil sécurisé pour femmes battues. Il lui aura fallu un an et demi de travail et d’audit pour faire entendre le retard de la France et de son agglomération en la matière. « Un vendredi matin, j’ai accueilli deux femmes victimes, raconte-t-elle. L’une des deux venait de quitter le domicile conjugal avec ses trois enfants, après avoir été frappée, encore une fois. L’autre avait 18 ans, pakistanaise d’origine et que le père voulait renvoyer au pays pour la marier de force. Quand j’ai appelé les structures d’accueil, on m’a expliqué qu’il n’y avait pas de place car le taux d’occupation était de 160 %. L’une des structures m’a même répondu que la mère pouvait peut-être rentrer chez elle, que le mari s’était peut-être calmé et qu’elle devrait rappeler lundi. J’ai donc décidé d’attaquer l’État pour non-assistance à personne en danger. Une avocate parisienne a bien voulu m’accompagner bénévolement. »
un immeuble sécurisé pour femmes battues
À force de persévérance, elle a donc réussi à mettre en place un dispositif d’immeuble sécurisé pour accueillir les femmes battues avec leurs enfants, dispositif qui devrait ouvrir cette année à Orléans. « L’autre problème, quand les femmes quittent leur conjoint, c’est qu’elles n’ont souvent plus de travail. Comment vivre alors sans ressources ? On travaille donc avec la sécurité sociale et la CAF pour mettre en place une convention afin d’accélérer la procédure de demande d’aides et permettre de récupérer l’argent des prestations parfois versées sur le compte de l’agresseur si besoin. »
Après avoir partagé son expérience personnelle, l’élue a continué a évoqué les problèmes auxquels sont confrontées les femmes : disparité salariale, harcèlement, précarité,... « Il y a de plus en plus de femmes à la rue, continue-t-elle. En plus, elles subissent la triple peine. Elles sont invisibles, elles se cachent pour ne pas être violées ou agressées. Si elle a des enfants, on lui prend. De toute façon, la situation des gens à la rue est inacceptable en France. On a les moyens de les mettre sous un toit. Il y a partout des appartements et des bureaux vides. »
Autre combat évoqué, sur le terrain symbolique, celui de la dénomination des rues des villes. « C’est une lutte que j’ai menée. A Orléans, on compte 1 159 dénominations. La grosse moitié sont des lieux et sur le reste, il y a 40 % d’hommes et seulement trente noms de femme. En France, on n’honore pas les femmes, or ce n’est pas un combat anodin du tout. » Présent dans la salle, Eric Bellet, élu municipal de « Châteauroux Métropole autrement, l'humain d’abord » a alors témoigné du combat similaire mené par Chantal Delanne, élue avec lui, pour donner des noms de femmes aux rues et places de l’agglomération. « Cela avance petitement », a-t-il confié.
Enfin, Dominique Tripet a évoqué les actions menées par le PCF en matière d’inégalité : lutte pour la reconnaissance des aidants familiaux, pour la gratuité des transports scolaires, pour la revalorisation des retraites agricoles, contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil, contre la précarité professionnelle des femmes et contre le recours imposé au temps partiel. « On doit aussi écouter et recueillir la paroles de femmes victimes dans le parti. On peut avoir vécu du harcèlement dans le cadre du militantisme et même du harcèlement sexuel. On serait hypocrites de penser qu’il n’y en a pas. Il faut se demander pourquoi il n’y a que 30 % de femmes dans le parti et pourquoi elles ne s’engagent pas dans la durée. »

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