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Le numéro d’équilibriste de Marine Le Pen

POLITIQUE. La présidente frontiste propose un changement de nom aux airs de main tendue à des alliances, mais pour le moins ambigu.

EXTRÊME DROITE
Congrès de « la refondation », « rénovation », proposition de rebaptiser le FN en « Rassemblement national »... Sa présidente Marine Le Pen, que l’on dit traverser un trou d’air – somme toute relatif –, a quoi qu’il en soit affiché sa volonté, ce week-end à Lille, de passer à la vitesse
supérieure dans le processus de dédiabolisation entamé en 2011.
Car, si dans la famille Le Pen l’idéologie fondatrice du FN en 1972 se transmet de génération en génération, une divergence profonde est apparue depuis quelques temps déjà quant à la stratégie et la conquête du pouvoir.
Au regard de la progression de l’extrême droite sur le Vieux Continent, et notamment en ce moment de l’autre côté des Alpes, Marine Le Pen regarde visiblement avec envie ses homologues européens accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat. Un « plafond de verre » qu’elle entend
bien se donner les moyens de percer elle aussi.
« Laissez-vous appeler racistes »
A l’heure où son parti connaît quelques soubresauts, avec notamment le départ de son ancien numéro 2 Florian Philippot, l’enjeu apparaît
double pour la présidente frontiste. Il consiste en effet à gagner en respectabilité vis-à-vis de l’extérieur dans la perspective de futures alliances, tout en conservant la mainmise sur ses troupes dont certaines pourraient être tentées par d’autres formations.
S’adressant aux siens ce week-end, elle a ainsi soigné son discours pseudo-social en assurant les Français de sa « protection » contre « un déclassement programmé » et a déclaré défendre les services publics. Sans omettre auparavant de servir tous les poncifs sur l’immigration dont se délecte la frange la plus réactionnaire. Avec, la précédant le samedi dans le même état d’esprit, un invité de choix en la personne de Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, qui ne rechigne pas à s’acoquiner avec des suprémacistes blancs. Et dont la violence du propos ne laisse aucune place à l’ambiguïté : « Laissez-les vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes…
Portez-le comme un badge d’honneur parce que chaque jour qui passe nous devenons plus forts, et eux s’affaiblissent. »
L’annonce d’un éventuel changement de nom est en outre symptomatique du numéro d’équilibriste auquel s’est adonnée Marine
Le Pen. Proposant d’abandonner le vocable de « Front », évoqué comme un « frein psychologique », elle a avancé celui de « Rassemblement
». Terme qui, sous couvert de nouveauté, a le double avantage d’apparaître a priori plus fédérateur tout en faisant référence, pour les plus nostalgiques, à Jean-Louis Tixier-Vignancour ou au Rassemblement national populaire du collaborationniste Marcel Déat. Difficile de croire que cela aura échappé à Marine Le Pen.
A.M.