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Derrière la com’ et les promesses : « l’imposture Macron »

ANNIVERSAIRE. « Un business modèle au service des puissants » : un ouvrage collectif est publié aujourd’hui par Attac et la fondation Copernic pour décrypter la première année de présidence.

ENTRETIEN
Un an. Bientôt un an de présidence Macron. Alors que la colère gronde chez les cheminots, les étudiants et la fonction publique, que de nombreux salariés, de Carrefour à Air France en passant par Vinci, montent au créneau pour défendre leurs emplois ou obtenir leur part du gâteau, que la popularité du président dévisse chez les classes populaires, des universitaires et militants d’Attac et de la Fondation Copernic publient aujourd’hui un ouvrage collectif pour décrypter l’année écoulée : « L’imposture Macron, un business model au service des puissants ». Entretien avec Jean-Marie Harribey, économiste, qui a coordonné l’ouvrage.
La première des impostures est que derrière le message de modernité affiché ne figurent que de vieilles recettes ?
Emmanuel Macron a effectivement voulu faire croire qu’il allait sortir la France du vieux monde, or ce qu’il fait est strictement identique si ce n’est pire que ce qui a été appliqué jusqu’à présent. Par exemple dans le travail, les ordonnances ont entériné l’abandon quasi total du principe de faveur pour donner priorité aux relations individuelles. Cette individualisation des rapports sociaux n’a rien de nouveau. Elle est au coeur des problématiques libérales qui se sont développées depuis la fin des années 1970, si ce n’est qu’elle va un peu plus loin car en plus de défaire les savoir et les savoir-faire, elle veut aussi déstructurer les savoir-être en exigeant des salariés qu’ils adhèrent aux objectifs de rentabilité. C’est de l’exploitation renforcée, de l’aliénation encore plus complète.
Vous dénoncez également le mensonge du « en même temps » car tout n’est fait qu’au profit d’une même classe ?
Au Macron qui promettait sous Hollande puis lors de la campagne de mettre fin à la rente a succédé un président qui n’a pris que des mesures pour conforter la rente financière et alléger l’impôt des plus riches. Quand Macron se dit de gauche et droite, c’est faux. Il est de droite et de droite dure, très dure.
La deuxième partie du livre décrypte le « business model » du président, confrontant les « images marketing » mises en avant à la réalité des décisions sur différents sujets ? Pourquoi avance-t-il ainsi masqué ?
Il a surtout avancé masqué avant l’élection. Depuis, même si c’est toujours le langage de la communication qui domine, il avance de moins en moins masqué comme on a encore pu le voir lundi soir avec son discours devant la conférence des Evêques où il s’est permis de dire des choses sur la laïcité que nul président avant lui n’avait osé, y compris Nicolas Sarkozy.
Et quand on voit la colère monter on peut croire qu’il a fini de manger son pain blanc. Cependant, il continue de dire qu’il ne veut rien lâcher. Il a certes derrière lui les forces économiques, les lobbies et certains grands médias qu’il prend grand soin de renforcer.
Entretien réalisé
par Angélique Schaller

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