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« Derrière les prix, des gens qui travaillent »

JULIE STOLL. Cette spécialiste commente l’écart entre l’intérêt déclaré par les consommateurs et la réalité d’un commerce équitable qui reste sur des chiffres bas.

ENTRETIEN
Julie Stoll est déléguée générale du syndicat professionnel Commerce équitable France.
Le commerce équitable de provenance internationale se fait à 44 % dans la grande distribution. N’y a-t-il pas incompatibilité des valeurs notamment sur la justesse de la rémunération du producteur ?
Il y a potentiellement une contradiction mais qui est aussi une demande forte des consommateurs qui font leurs courses dans la grande distribution et veulent pouvoir y consommer équitable. Mais cette grande distribution fonctionne avec le droit du travail français que l’on ne peut pas comparer aux situations des producteurs de café et cacao à l’autre bout de la planète.
Mais l’histoire de Max Havelaar, acteur essentiel du commerce équitable international, est émaillée de coopération avec un trust cotonnier africain exploitant les producteurs, avec Lidl en plein conflit social dur en Allemagne, avec Mac Do peu connu pour ses largesses sociales… N’y a-t-il pas des tentatives de récupération ?
Il faut rester vigilant mais en tant que spécialiste du sujet j’observe que ce ne sont pas les multinationales qui font aujourd’hui le chiffre du commerce équitable, ce sont les PME. Bien sûr, il a des tentations de récupération et le dispositif français est à ce titre intéressant. Avant, il n’y avait pas de loi si ce n’est celle de 2005 mais qui était d’ordre philosophique et non opérationnelle. La loi de 2014 a non seulement autorisé le made in France, mais a surtout entériné les critères fondamentaux du commerce équitable. Ce qui fait qu’aujourd’hui n’importe quelle entreprise disant faire du commerce équitable doit être en mesure de prouver qu’elle répond à la loi et peut faire l’objet de contrôles de la répression des fraudes. On a donc un dispositif législatif qui permet de protéger cette démarche d’utilisation frauduleuse.
N’y a-t-il pas une contradiction entre le sondage qui affirme que 80 % des gens disent vouloir plus de produits équitables et le montant du panier moyen qui est de 15 euros ?
J’observe au contraire que les consommateurs sont de moins en moins contradictoires, qu’ils sont de plus en plus éduqués et conscient que derrière un prix il y a des gens qui travaillent; que le prix des uns est le salaire des autres. J’observe aussi que les PME qui mettent sur le marché des produits de commerce équitable trouvent des clients car les consommateurs répondent présents quand on leur en propose. Le problème est donc avant tout celui des distributeurs et des entreprises avant d’être celui des consommateurs, des entreprises qui mettent sur le marché des cafés, du cacao... qui ne sont pas en équitables alors qu’ils pourraient l’être et qu’ils pourraient trouver leurs clients.
Je trouve également cohérent le chiffre montrant que 80 % des produits équitables achetés soient aussi bio. Les consommateurs qui réfléchissent à leur consommation ne veulent pas avoir à choisir entre «bon pour la planète» et «bon pour les êtres humains». Ils choisissent des produits avec double labellisation qui garantissent cette double promesse.
Le prix des uns, c’est le revenu des autres. Formuler l’équation de cette manière ne fait-il pas l’impasse sur le fonctionnement du capitalisme, sur la rentabilité financière qui interdit un salaire correct et un prix juste et accessible ?
Ce slogan est fort et il dit quelque chose qui est juste mais qui n’est effectivement pas suffisant. Mais il cherche à dire que la recherche du prix toujours le plus bas par les consommateurs ne peut pas aboutir à des revenus justes à l’autre bout de la chaîne, à sortir de cette course mortifère vers les prix les plus bas.
Entretien réalisé par A.S.

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