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SNCF : la justice donne raison aux cheminots

CONFLIT

La justice donne raison aux syndicats de cheminots. Elle a condamné hier la SNCF à payer les jours de repos des grévistes que le groupe refusait de régler en considérant comme un seul mouvement les 18 épisodes de deux jours de grève sur cinq.
Un « système instauré » qui constitue une « entrave au droit de grève » et « l’intention de neutraliser la stratégie des organisations syndicales » caractérisée dans un mail « du 23 mars 2018 » de la direction des ressources humaines: le tribunal de grande instance de Bobigny a été hier extrêmement explicite dans son jugement sur le litige entre la direction de la SNCF et les syndicats de salariés.
Unsa ferroviaire, CGT Cheminots et CFDT Cheminots avaient saisi la justice car ils contestaient la décision de la direction de considérer les différents épisodes de deux jours de grève comme un mouvement unique. Cela lui permettait d’appliquer un règlement de retenues sur la fiche de paie, non seulement des jours de grève, mais aussi de jours de repos au-delà de deux jours de grève.
Non, a tranché hier le TGI de Bobigny, jugeant « sans cumul possible » les différents « préavis déposés successivement par les organisations syndicales » – et « non contestés » par la direction –, depuis le début du mouvement contre la réforme ferroviaire, en avril. Il s’agit donc de « grèves successives conditionnées les unes par rapport aux autres en fonction de l’avancée des négociations », écrit le TGI dans sa décision.
La direction de la SNCF devra donc payer les jours de grève, même si elle « fait appel de cette décision », comme elle l’a rapidement annoncé, le TGI ayant « ordonné l’exécution provisoire » de sa décision. Les fiches de paie de juin étant déjà
bouclées, les syndicats souhaitent que la direction régularise les rémunérations sans attendre celles de juillet.
Les syndicats «satisfaits»
C’est « une décision logique et forte. Le juge a reconnu la pluralité et les différences de nos préavis de grève. Cette décision montre aussi que la direction avait déployé tous les moyens possibles, y compris très limites en matière d’éthique pour décourager les cheminots à faire grève », a souligné Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminots. Même commentaire de la part de Roger Dillenseger de l’Unsa : « cela montre bien que l’interprétation
de l’entreprise visait à perturber le mouvement de grève ».
Pour la CGT Cheminots, « très satisfaite », ce jugement « prouve que les démarches de la direction de la SNCF pour s’attaquer aux familles par des retenues financières alourdies étaient bien des coups bas destinés à casser la grève sous couvert du gouvernement », a dit son secrétaire général Laurent Brun. Celui-ci appelle « le gouvernement et la direction à entendre les revendications CGT pour mettre fin au conflit ».
Mais la CGT-Cheminots a fait savoir mercredi 20 juin qu’elle appellerait régulièrement à la grève pendant l’été, en fonction « des dates de réunions de l’entreprise » et SUD-Rail souhaite également continuer le mouvement..
A.S. avec AFP

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