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Un livre pour valoriser l’apprentissage

Christine Ribeyreix est enseignante au CFA des métiers de Boulazac et va faire paraître un livre pour valoriser le parcours d’apprentis. Elle vient de lancer une campagne de financement participatif sur la plateforme Tudigo afin de mener à bien ce projet.
Parmi ses activités elle alimente également la page Facebook du CFA avec des portraits d’apprentis ou d’anciens élèves qui sont depuis devenus chefs d’entreprise. « Depuis quelques années, j’ai eu l’envie de faire un livre autour de ces jeunes afin de les valoriser et mettre en avant leur réussite », explique Christine Ribeyreix. Et ce projet est sur le point d’aboutir sous la forme d’un recueil de portraits. Celui-ci représentera toutes les filières : industrie, agriculture, artisanat, BTP, commerce, restauration, « tout ce qui est apprentissage et le tout en relation avec les équipes pédagogiques et les responsables du CFA afin d’aller à la rencontre des jeunes que l’on a envie de mettre à l’honneur pour leur parcours », explique Christine Ribeyreix qui précise que le livre sera découpé en plusieurs parties. La première sera consacrée « à des jeunes talentueux qui ont obtenu des distinctions comme le concours de meilleur apprenti de France par exemple, mais aussi ceux qui ont eu un parcours difficile, mais qui par leur ténacité ont réussi qu’il s’agisse de jeunes en difficulté, de primo arrivants ou de migrants », poursuit Christine Ribeyreix. Une seconde partie sera consacrée aux femmes dans des métiers dits « masculins », une troisième sur les apprentis devenus chefs d’entreprise et enfin une dernière, « sur les reconversions professionnelles de personnes qui un jour plaquent tout pour l’apprentissage car ils ont eu des orientations contrariées. Des jeunes que l’on a poussé à aller vers les filières générales et qui ne s’y sont pas épanouis ».
Un livre dans lequel Christine Ribeyreix a la volonté de faire part de sa colère « de voir des jeunes souvent humiliés, que l’on a dévalorisé et cassé et qui ont fini par connaître une belle carrière professionnelle même si malheureusement, ils restent marqués à vie. Et pourtant ils n’ont pas choisi une voie facile puisqu’ils travaillent et préparent un diplôme en alternance ».
En finir avec les images toutes faites
Un livre qui au-delà d’être une belle galerie de portraits laisse une grande part à la réflexion personnelle de Christine Ribeyreix sur l’orientation. « J’ai l’expérience des jeunes, de l’alternance et du recrutement. Aujourd’hui, on a un gouvernement qui met l’accent sur l’apprentissage. C’est très bien sauf qu’ils n’y enverraient pas leurs enfants. Je voudrais donc qu’on se sorte de l’idée que l’on va en apprentissage parce qu’on a des problèmes. C’est la société qui pense que ça doit être comme ça et qui fait d’ailleurs en sorte que ce soit le cas alors qu’en fait c’est une voie pour tous dès l’instant que l’on en a envie pour s’épanouir. Aujourd’hui quelqu’un qui a de bonnes notes en filière générale, on va l’envoyer sans lui demander son avis vers des études plus longues. On leur fait perdre du temps car après ceux qui ont envie de faire un apprentissage finissent par y revenir. Il faut arrêter de forcer les gens à aller vers des filières qui ne leurs conviennent pas. A cause de cette image cassée de la société on a des pertes de savoir-faire et de compétences et des disparitions de métiers ainsi que des jeunes aux parcours contrariés. Il y a des choses que l’on peut faire avec des machines, mais il y aura toujours besoin d’hommes hors l’image des métiers manuels est mal perçue depuis 40 ans ».
Et Christine Ribeyreix veut aussi en finir, « avec cette image qui voudrait qu’il y ait des métiers réservés aux hommes. Car on parle de force physique alors qu’il y a des femmes qui réussissent aussi bien sinon mieux dans des métiers dits d’hommes comme la carrosserie, la mécanique, la pâtisserie, la boucherie, la ferronnerie ou les métiers agricoles. Ce n’est pas parce qu’on est une femme que l’on ne peut pas faire quelque chose de physique, les choses ont évolué. C’est d’autant plus important que j’ai le soutien financier et moral de Cécile Chambon, déléguée départementale des droits des femmes », explique Christine Ribeyreix.
Aujourd’hui Christine Ribeyreix cherche encore des financements pour que son projet voit le jour et elle a décidé de lancer une campagne de financement participatif sur la plateforme Tudigo. La parution du livre est prévue pour décembre 2018. Pour la soutenir rendez-vous sur la page internet dédiée https://www.tudigo.co/don/apprenti-e-s-et-fier-e-s-de-letre-1
Philippe Jolivet