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Police : déshabiller la nationale pour le privé

SÉCURITÉ

Un rapport prône de miser sur la police municipale et la sécurité privée pour alléger les charges de la police nationale. Avec de belles économies en perspective pour le budget de l’État.
C’est une fois de plus une logique budgétaire. A part deux ou trois mesures cohérentes, tout est fait pour diminuer les dépenses consacrées à la police et casser ce service public » : le commentaire d’Alexandre Langlois, du syndicat Vigi, ex-CGT Police, concernant le rapport remis hier au gouvernement par les députés LREM Jean-Michel Fauvergne, ex-patron du Raid, et Alice Thourot.
Ce rapport a été commandé par le ministre Gérard Collomb dans la foulée de la mise en place de la police de proximité. Il plaide pour une montée en puissance des polices municipales et de la sécurité privée. Parmi les propositions figurent l’armement systématique des policiers municipaux. « Étant donné le contexte terroriste où les policiers ont souvent pris pour cible et comme nous n’avons pas les moyens d’effectuer correctement nos missions, c’est une option que nous considérons comme cohérente
», développe le syndicaliste.
Et de préciser dans la foulée : « mais cela doit être provisoire.
Or, le sens de ce rapport est plutôt que cela devienne pérenne. C’est une manière de faire basculer les dépenses sur les municipalités.
Quid de celles qui n’auraient pas les moyens d’équiper leur personnel ? » ajoute encore Alexandre Langlois.
Cet armement des policiers municipaux est avec la volonté de retirer à la police nationale les activités dans les centres de rétention administrative, les seules mesures qui trouvent grâce à ses yeux.
La main tendue aux entreprises privées de sécurité l’inquiète, elle, au plus haut point. Un secteur qui, avec 165 000 agents dispose d’effectifs équivalents à ceux de la police nationale.
« Proposer de les armer quand on sait que les textes sur les armes létales demandent comme toute référence au responsable
de cette question dans une entreprise privée qu’il soit nommé par sa direction, est inquiétant », dénonce Alexandre Langlois.
La délégation de mission peut aussi être une boîte de Pandore inquiétante. Et de citer un exemple en cours à Anvers où la sécurité des commissariats est assurée... par des entreprises privées de sécurité. « Nous sommes déjà confrontés à cela sur les aéroports en France et l’on voit bien combien des entreprises peuvent entraver le travail de la police », s’alarme le jeune homme.
A.S.