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Humaniste, engagé, grand historien de la Révolution, Michel Vovelle est mort...

HOMMAGE

Spécialiste de la Révolution Française, Michel Vovelle, historien de renommé internationale, s’est éteint à l'âge de 85 ans samedi à Aix-en-Provence. Né en 1933, professeur émérite à l’université de la Sorbonne Paris-I, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la révolution française, Michel Vovelle a coordonné l’organisation de la commémoration scientifique du Bicentenaire de 1789. Une expérience dont il tire en 2017 un
livre au titre sans équivoque : « la bataille du Bicentenaire de la Révolution Française ».
« Cet exercice de mémoire personnelle ambitionne de transmettre le flambeau dans un combat toujours d’actualité en 2017, car la "Grande Révolution" de 1789 nous interpelle encore comme l’une de celles, sinon la seule, qui n’ont pas été remises en cause aujourd’hui » explique-til
alors dans un entretien à l’Humanité.
Directeur de la Société des études robespierristes, le chercheur n’aura de cesse de s’opposer à l’image d’un révolutionnaire sanguinaire. « C’était un homme qui croyait en ce qu’il faisait. Il est de ceux qui ont voulu changer le monde en prenant ses responsabilités » expliquaitil dans La Marseillaise du 14 juillet 2014. Et de rappeler que Robespierre avait été « le premier à demander l’abolition de la peine de mort, à prôner des réformes démocratiques, l’égalité des citoyens, des juifs, des noirs et de tous les marginaux ».
Une figure emblématique d’Aix-en-Provence Michel Vovelle a aussi travaillé sur le rapport que notre société entretient avec la mort.
Il a été l’un des premiers auditionné par la commission Léonetti.
L’historien était également une figure emblématique d’Aix-en-Provence, où il a longtemps enseigné l’histoire moderne à l’université avant d’intégrer la Sorbonne. Communiste depuis 1956, il avait fait partie du comité de soutien d’Anne Mesliand, alors candidate Front de gauche dans la ville pour les municipales de 2014. Cette dernière lui rend d’ailleurs un hommage vibrant : « il laisse une oeuvre, un engagement, une pensée fidèle.
J’oeuvrerai de toutes mes forces pour que lui soit rendu l’hommage qui lui est dû ».
Tout au long du week-end, confrères, responsables politiques, journalistes ou simples étudiants ont tenu eux aussi
à honorer sa mémoire. « Un grand historien, passionné de la Révolution,citoyen engagé dont l’oeuvre continuera de faire référence » pour Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône ; « Michel Vovelle mérite un hommage républicain, nous contribuerons à lui faire honneur », promet Jérémy Bacchi pour le PCF 13. Edwy Plenel, président de Mediapart, salue « un communiste hétérodoxe [qui] refusait que l’idéologie entrave la liberté. Mais, savant rigoureux, il refusait aussi que la démagogie étouffe la vérité.».
Michel Vovelle était surtout un chercheur de terrain. Face à la montée des inégalités sociales, il déclarait : « il demeure toujours une étape intermédiaire fondamentale entre la colère générée par la misère et la révolution : celle où les opprimés trouvent des structures d’organisation,
des théories sur lesquelles s’appuyer pour faire entendre leur voix. C’est un objectif, une responsabilité et comme l’a écrit Stéphane Hessel peu avant sa disparition, "À vous de jouer". Et bien à nous de jouer. » Chercheur de la vérité et idéaliste.
M.R.