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« Le risque ferroviaire a été négligé pour cause de productivité »

SNCF

Deux accidents mortels coup sur coup reposent la question de la sécurité, des conditions de travail et de la sous-traitance.
Il était chargé de superviser les procédures de sécurité des travaux. C’était un collègue très expérimenté, qui connaissait bien le site », mais « il était seul » sur les voies et « face à un train roulant à 80/100 km/h, on n’a pas le temps de réfléchir ». Aurélien Marchand, délégué du syndicat SUD-Rail à Paris-Saint-Lazare commente le décès d’un cheminot de la SNCF , mort en service, « heurté par un train », mercredi soir, près de la gare Saint-Lazare à Paris.
La mort de ce cheminot survient après le décès dans la nuit de mardi à mercredi de deux ouvriers d’une entreprise privée sous-traitante de la SNCF - Engie Ineo Ferroviaire - tués par une collision entre des engins de chantier alors qu’ils effectuaient des travaux de maintenance sur une voie ferrée dans les Hautes-Pyrénées.
Sans préjuger des résultats des enquêtes complétées par des expertises des CHSCT mandatés par la CGT, Laurent Brun déplore que « le risque ferroviaire » ait été « négligé ces dernières années pour cause de productivité ».
Les syndicats alertent aussi sur les conséquences de la sous-traitance. Politis a sorti hier une enquête sur Sferis, filiale de droit privé de la SNCF afin de dénoncer les conditions de travail dans cette entreprise spécialisée dans la maintenance : 76 heures de travail par semaine, hébergement en camping, transport non payé... L’opposé de ce qui garantit « la sécurité des personnels et des usagers », selon la CGT, soit « l’application de règles strictes, une formation professionnelle initiale et continue de haut niveau, une stabilité et une continuité dans les collectifs de travail et de bonnes conditions de travail ».
Or ce système de filiale testé dans le fret s’est ensuite développé sur les métiers non liés à la circulation. Aujourd’hui, SNCF compte un millier de filiales en France, affirme Politis, et les sous-traitants assurent « 30% de la charge de travail ».
Avec l’ouverture à la concurrence, la tendance ne va pas s’inverser. PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet a récemment affirmé à l’AFP envisager, en accord avec les Régions, de faire appel à des entreprises privées pour assurer l’entretien d’une dizaine de petites lignes.
A.S.