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Marion Fontaine : « Faire basculer le mouvement du “bon côté”»

ENTRETIEN

Quelle analyse des réactions des forces politiques de gauche face aux gilets jaunes, avec quels enjeux ? La réflexion de Marion Fontaine, chercheuse en histoire contemporaine à Avignon.
La Marseillaise. Comment analysez-vous les réactions des forces politiques de gauche face au mouvement des gilets jaunes ?
Marion Fontaine. Ce mouvement dont nous n’avons ni les clés ni les codes et dont on ne sait pas dans quel sens il va, a laissé beaucoup de monde dans la perplexité, et pas seulement les politiques.
Il sort notamment des cadres de gauche, surtout au départ, car on ne retrouvait pas les catégories habituellement mobilisées comme les cheminots, les enseignants, les ouvriers des centres pétroliers... Il exprime de plus des choses très différentes. Certaines vont dans le sens de l’émancipation, d’autres s’apparentent à du conservatisme ou du repli.
La question s’est déjà posée au 19e siècle, avec des mobilisations ouvrières mêlant des choses très différentes, comme la nationalisation des moyens de production et la volonté de “virer” ceux qui “prenaient le travail”. Mais à l’époque, le parti socialiste et la CGT ont béné? cié d’un contexte : l’affaire Dreyfus a permis de clari? er les choses et de montrer qu’on ne pouvait pas tout revendiquer en même temps.
Quel enjeu pour les forces politiques de gauche ?
M. F.: Faire basculer le mouvement “du bon côté”, qu’il aboutisse à un renforcement des partis de gauche. Mais pour l’heure, rien n’est clair.
C’est d’autant plus important que Marine Le Pen réactive un discours ambigü sur le “nationalisme-social” qui est certes faux mais fait son succès. Je trouve particulièrement frappant que malgré un Rassemblement national inaudible, avec des députés inactifs et des histoires crapuleuses, ce parti fasse déjà les plus hauts scores dans les sondages pour les Européennes.
Quand et comment cela va-t-il se clari? er ?
M.F. : Les sondages dans quelques semaines donneront une première idée mais il faut du temps pour qu’un mouvement
laisse percevoir sa vérité. A la fin du 19e siècle, on a eu le boulangisme, un général voulant prendre le pouvoir au nom de la lutte contre la corruption et la défense de la République. C’était un mouvement “attrape-tout” qui a d’abord eu le soutien de la population et séduit certaines formes de gauche.
Jusqu’à ce qu’il bascule, en l’occurence à l’extrême-droite. Et là, le mouvement ouvrier s’en est éloigné.
Que dit selon vous le rejet des partis politiques et des syndicats?
M.F.: Qu’il y ait un rejet des organisations partisanes et syndicales dans la forme dans laquelle elle se sont enfermées et dont on a le sentiment qu’elles ne sont plus adaptées, est une chose. Est-ce que que cela signi? e le rejet de toutes formes syndicales et partisanes ?
Je ne le pense pas. Car le mouvement dit aussi un besoin de collectif, de représentation et de s’inscrire dans la durée.
Sans organisation, un mouvement ne tient pas. On l’a vu avec Nuit debout, très sympathique mais qui, six mois après, a donné l’arrivée de Macron. Si on veut agir sur la politique, il faut faire de la politique.
C’est cependant la première fois qu’est dit aussi clairement que cette colère “vient de loin”, qu’elle résulte de 40 ans de politique injuste ?
M. F.:On ne fait con? ance au politique que si on pense qu’il peut changer
les choses. Le problème est qu’aujourd’hui,
le gens ont le sentiment que non. Après le “gauche et droite c’est pareil”, les reculs de Macron montrent que le “ni gauche ni droite” associé à
une mise en avant de la société civile ne marche pas non plus. La question est donc quelle option pour les prochaines
élections ? Mais elle est aussi de savoir ce que les gens attendent comme changement. Or, on est face à des demandes tous azimuts qu’il faudra formuler en propositions qui puissent susciter une transformation. Si le mouvement refuse de recourir aux forces politiques traditionnelles, on voit également qu’organiser une représentation en interne est dif? cile ?
M. F.: C’est toute la question de la démocratie. L’ambition est que le peuple puisse s’exprimer et diriger directement.
Sauf que, d’un point de vue logistique, ce n’est pas possible sauf à être quelques milliers d’Athéniens en mesure de se réunir régulièrement pour discuter et décider. Mais à 67 millions, ce n’est pas pareil. Et aucun réseau social ne peu changer cela. Il faut des représentants d’une majorité
ou, au moins, du plus grand nombre.
Ce hiatus, le mouvement ouvrier le connait bien. La CGT très radicale et très révolutionnaire du début du 20e siècle y a été confrontée. Mais il
est mal vécu par les gilets jaunes qui rêvent de fusion alors qu’ils sont tous très différents.
Ce mouvement interroge également notre démocratie. Comment autant de gens peuvent-ils à ce point là se sentir aussi mal représenté ?
Entretien réalisé par Angélique Schaller