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Le coup de blues des maires

Méprisés par le président de la République depuis 18 mois, les maires, qui demandent le respect, n’ont plus la foi. A l’heure où va s’ouvrir le grand débat national, ils refusent de servir de caution à l’Etat en s’associant à son organisation. C’est le message qui a été martelé mercredi à l’assemblée générale de l’Union des maires.

Mandat le plus plébiscité et vécu comme ayant le plus de valeur, le mandat de maire n’a plus autant la cote. Près d’un maire sur deux a déjà annoncé son intention de ne pas se représenter en 2020, contre un tiers pour les scrutins précédents. Il faut dire que l’accumulation de mesures combinée au contexte actuel n’incite guère à poursuivre l’engagement. Pourtant, certains continuent à vouloir se battre pour défendre la fonction.
C’est le cas par exemple d’André Laignel, premier vice-président de l’Association des maires de France (AMF) et président du Comité des finances locales, qui était l’invité mercredi de l’assemblée générale de l’Union des maires de la Dordogne. « Les communes sont de plus en plus la variable d’ajustement de l’Etat, que ce soit financièrement ou lorsqu’il y a un problème comme en ce moment avec les gilets jaunes où il tente de refiler la patate chaude aux maires. Mais nous ne sommes pas les sous-traitants de l’Etat », clame celui qui a derrière lui une longue expérience politique et qui craint que la crise sociale actuelle ne se transforme en crise démocratique, voire en crise de la République. « Cela fait déjà 18 mois qu’Emmanuel Macron est au pouvoir. 18 mois de promesses non tenues aux collectivités et 18 mois de mépris à notre égard », glisse André Laignel, qui ne digère pas la stigmatisation des élus locaux de la part du président, de son Premier ministre ou du gouvernement. « On nous a traités de trop dépensiers, d’inefficaces, d’incompétents, de clientélistes, et je passe l’épisode balance ton maire. Le tout en baissant les moyens des territoires et en procédant à une phase de recentralisation financière ». Bref, entre les maires et la présidence de la République, il y a plus que de la friture sur la ligne.
Dernier exemple en date, le grand débat national, voulu et annoncé par Emmanuel Macron pour répondre à la crise des gilets jaunes, mais dont les thèmes sont déjà annoncés par l’Etat. « Nous n’avons aucune raison de nous associer ou de coorganiser ce débat », souligne André Laignel pour qui il s’agit avant tout d’un « enfumage de l’Etat », qui cherche à gagner du temps dans une mauvaise période, en se défaussant sur les maires.
« On essaye de reporter sur les communes le lieu du débat et des désaccords. Si personne n’est d’accord sur les conclusions du débat, cela va retomber sur les maires. Ce débat n’est pas le nôtre car les revendications ne sont pas de notre ressort », résume André Laignel. Pouvoir d’achat, CSG ou encore RIC ne relèvent en effet pas des compétences d’un maire, mais bien de l’Etat. « L’habileté du gouvernement est de faire croire que la réponse est locale, mais ce n’est pas le cas ». Pire encore, alors que les maires sont unanimes pour ne pas devenir les boucs émissaires du grand débat national, selon André Aignel, faute de pouvoir apporter des réponses, l’Etat « se dépêche de poser toutes les questions », tout en précisant qu’il ne sera touché à rien de ce qui a été fait depuis 18 mois et que le cap ne changerait pas.
« Le grand débat national doit être un débat entre l’Etat et les citoyens», insiste André Laignel, qui fustige au passage le dédain et l’absence de vécu du président de la République, qui méprise l’ensemble des corps intermédiaires.
« Tout est dans la gesticulation et l’improvisation ». Seul espoir : « il est là pour cinq ans et les maires sont peut être ce qui reste encore de vivant sur le territoire républicain. Au regard des faits actuels, l’expérience va reprendre de la valeur ».