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CGT et Gilets jaunes main dans la main

Au nom de la «convergence des luttes», plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté hier partout en France, à l'appel principalement de la CGT mais aussi pour la première fois avec la participation de «gilets jaunes» qui jusqu'à présent avaient regardé les syndicats avec méfiance.

 

Dans les cortèges, les revendications étaient nombreuses: hausse des salaires, justice fiscale, opposition à la réforme du lycée ou à l'augmentation des frais d'inscription des étudiants étrangers, droit de manifester ou défense du service public.

A Marseille, 5.200 personnes, selon la préfecture de police, ont manifesté entre le Vieux-Port et la gare Saint-Charles. Si la CGT dominait très largement, plusieurs centaines de «gilets jaunes» étaient présents en milieu de cortège.

«Nos revendications sont identiques. Il faut être tous ensemble», témoigne Brigitte, retraitée qui perçoit une pension de 680 euros. Elle a rejoint les «gilets jaunes» à Fos-sur-Mer. «Il arrive un moment où toutes les luttes se rejoignent. Sans convergence avec les partis et les syndicats, on n'arrivera à rien», estime-t-elle.

A Lyon, parmi les 4.300 manifestants selon la préfecture, environ 500 «gilets jaunes». «Cela fait trois mois qu'on est dehors et il faut aller plus loin alors on fait un pas : les syndicats ont appelé, on est là, maintenant on verra quand on appellera s'ils répondent», constate l'un d'eux, Fabrice.

La circulation a été perturbée par plusieurs manifestations CGT et «gilets jaunes» sur des ronds-points ou sur des routes en Normandie ou dans le Gard, des régions fortement mobilisées depuis le début du mouvement des «gilets jaunes».

A Strasbourg, le cortège d'environ 1.500 personnes, était ouvert par plusieurs dizaines de «gilets jaunes» scandant «Gilets jaunes dans la rue et samedi on continue». Ils étaient suivis par des militants CGT brandissant une banderole réclamant une «augmentation du pouvoir d'achat, pour la défense du service public, pour l'emploi public».

Parmi les autres cortèges en régions, on recensait selon la police environ 2.500 personnes à Caen, 2.200 au Havre, 2.300 à Clermont-Ferrand, 1.300 à Tours, 500 à Rennes, plusieurs centaines à Sète et Boulogne-sur-Mer...

Liberté de manifester

L'université de Bordeaux-Montaigne était bloquée par des étudiants. Des préavis de grève avaient été déposés dans la fonction publique, à la RATP, à la SNCF ou Radio France. Selon le ministère de l'Education nationale, 5% des enseignants étaient ainsi en grève hier.

«On espère que la mobilisation sera suffisamment importante pour pouvoir envisager une suite», a déclaré Cécile Gondard-Lalanne, co-porte-parole de Solidaires, organisation qui a déjà appelé à participer à plusieurs samedis de mobilisation des «gilets jaunes».

A Paris, Plusieurs milliers de personnes ont défilé hier après-midi contre la politique de l'exécutif à l'appel principalement de la CGT et avec là aussi la participation de gilets jaunes».

«Aujourd'hui c'est un succès qui en appelle d'autres», s'est réjoui le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, voyant dans la fermeture de la Tour Eiffel, dont les salariés ont répondu à l'appel à la grève du syndicat, le symbole «d'une journée de réussite».

«Il y a beaucoup de gilets jaunes et c'est plutôt une bonne chose. Les revendications communes, on les a, elles sont sociales. A part la couleur des gilets je ne vois pas beaucoup de différences», a ajouté M. Martinez.

Le secrétaire général a également appelé à «organiser des débats dans les entreprises», car il «trouve que le patronat est ménagé» depuis le début du mouvement des «gilets jaunes».

A côté de la CGT, appelaient également à manifester Solidaires, le NPA, le PCF, la France insoumise, Attac, des organisations de jeunesse comme l'Unef, l'UNL ou la Jeunesse ouvrière.

Des intérêts communs

Beaucoup de jeunes se trouvaient dans le cortège de tête de la manifestation et clamaient des slogans anticapitalistes.

«Macron! L'ISF sans condition», «les prix s'envolent, les salaires restent au sol», «justice sociale et libertés foulées aux pieds», pouvait-on entendre dans les slogans..

«Au début, il y a eu de la méfiance de part et d'autre. Petit à petit, la convergence se fait», s'est réjouie Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac, également de la partie, de même que le NPA, le PCF, la France insoumise, des organisations de jeunesse comme l'Unef, l'UNL ou la Jeunesse ouvrière.

Des syndicats de Force ouvrière sont aussi présents, même si leur confédération n'a pas appelé à rejoindre le mouvement. "On va au-delà des couleurs de chasubles. Rouge, jaune, arc en ciel. On s'en fiche, a déclaré à Rennes Fabrice Lerestif, secrétaire de l'UD-FO.

Après des hésitations, la CFDT s'est finalement désistée, son numéro un, Laurent Berger, qualifiant les revendications de ce mardi de «liste à la Prévert». Contrairement à la CGT, lui préfère participer au grand débat proposé par l'exécutif. Le Premier ministre recevra aujourd’hui les partenaires sociaux pour faire le point sur le grand débat. La CGT a décliné l’invitation.

Outre les revendications sociales, certains entendaient défendre «la liberté de manifester».

Hasard du calendrier, hier était discutée la loi «anticasseurs», donnant la possibilité aux préfets de prononcer des interdictions de manifester, un dispositif vivement critiqué par les syndicats.

La CGT prévoit d'ores et déjà une nouvelle journée nationale à la mi-mars.

 

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