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Michel Warschawski, journaliste: «En Israël, nous allons droit dans le mur»

Dernièrement, dans le cadre de la journée «5 heures pour la Palestine», l’association Limousin-Palestine a reçu Michel Warschawski, journaliste et écrivain (auteur du récent «Israël, la catastrophe annoncée»), un Israélien anticolonialiste qui milite notamment pour l’application du droit international et la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS).

 

Que raconte votre livre ?

C’est un livre d’actualité à partir d’un bilan de l’évolution d’Israël ces dix dernières années. Je dis que nous allons droit dans le mur avec une politique qui, depuis 10 ans, change la nature profonde de ce qu’est Israël. Le ministre de l’Education a récemment parlé d’Israël comme d’un Etat Juif d’abord et démocratique ensuite, pour autant que la démocratie permette de renforcer le caractère juif du pays. Cela veut dire que tous les juifs du monde sont potentiellement citoyens israéliens mais que, en revanche, les citoyens indigènes non juifs sont juste tolérés. Ce sont simplement des locataires.

Comment se manifeste cette évolution ?

Le renforcement du caractère juif implique un changement constitutionnel. C’est un durcissement, un changement même de la nature de l’Etat. Auparavant on était loin de l’égalité entre citoyens juifs et non juifs mais là, on a passé un seuil.

Comment cela se manifeste ?

La minorité palestiennne israélienne n’a plus le droit de célébrer la Naqbah. C’est interdit. Si une municipalité arbore un drapeau noir ce jour-là, elle est sanctionnée financièrement. Autre exemple : si une citoyenne palestinienne arabe d’Israël se marie avec un non israélien, celui-ci n’a pas la possibilité de devenir citoyen israélien. Un juif, lui, peut se marier et, immédiatement, son conjoint obtient le droit de résidence. C’est une discrimination inscrite dans la loi.

Il y a aussi ce principe d’allégeance...

Selon ce principe, le plus grand théâtre du pays a été privé de budget d’Etat parce qu’il a présenté une pièce écrite par des détenus palestiniens. L’allégeance est un principe propre aux pays fascistes.

Les alliés internationaux d’Israël ont également évolué...

Au départ, l’Europe et la France étaient des alliés, parce qu’il y avait un intérêt, celui de l’acquisition de l’arme nucléaire. Aujourd’hui, l’Europe occidentale est globalement considérée comme minable, comme représentant une époque révolue. Au départ, Israël avait besoin d’un soutien militaire, financier et diplomatique. Aujourd’hui, c’est un pays riche, prospère qui exporte ses technologies, ses armes, ses capitaux, mais qui a encore besoin d’un parapluie démocratique. D’où le soutien des Etats-Unis né dans les années 60 pendant la guerre froide quand Israël était considéré comme un rempart dans la région aux intérêts soviétiques. Aujourd’hui, le gouvernement en place se rapproche de l’Italie, de la Pologne, de la Hongrie autour de valeurs partagées comme le racisme, la xénophobie, les musulmans considérés comme une menace globale. Il y a aussi un rapprochement avec la Chine qui ne nous embarrasse pas avec des questions autour des droits de l’Homme. Ce sont des relations perverses et dégradantes avec des gens, je pense à Orban en Hongrie, qui ont des liens avec des antisémites notoires.

Comment en est-on arrivé là ?

En Israël, l’opposition, la gauche, c’est un champ de ruines. Benyamin Netanyahou peut se vanter de son bilan économique, sécuritaire, de nouvelles alliances territoriales mais attention, je ne crois pas qu’on puisse gagner une élection sans un bilan moral. En Israël, existe une corruption généralisée à tous les niveaux dont Benyamin Netanyahou est un exemple. Il va gagner les élections et voudrait changer la loi constitutionnelle pour être intouchable, mais je pense que cela ne passera pas.

Pourquoi ?

Au Likoud, parti de Benyamin Netanyahou, il n’y a pas que des pourris. Certains, comme le président de l’Etat, sont intègres. Et je crois dans le bon sens de l’opinion publique. Il y a quelque chose qui résiste dans notre psyché c’est «Rappelle-toi qui tu es.» Et le rapport de force quantitatif sera tôt ou tard qualitatif. Les juifs russes venus dans les années 90 ne représentent que 1,2 million de personnes. Mais ça ne pèse plus. Autour de nous, il y a 15 milliards de musulmans. Ehud Barak avait dit qu’Israël était une villa au cœur de la jungle. Au-delà du racisme qui émane de cette déclaration, il y a une autre lecture : celle d’un aveu de faiblesse. Car combien de temps une villa peut-elle tenir contre la nature ? 10, 15, 20 ans ? Il y a quelque chose de suicidaire dans la politique actuelle.

Le recul et le durcissement que vous pointez aujourd’hui n’est pas une constante pour Israël ?

Dans les années 80 il y a eu une période d’ouverture culturelle, idéologique, politique avec un système scolaire qui envoyait un autre message, ce qui a conduit plus tard aux accords d’Oslo. On ouvrait des portes pour l'avenir avec le pari de la coexistence. Mais la droite a gagné et le vieux discours est revenu. Depuis 2000, on a le sentiment que la fête est finie.

Avez-vous pensé à quitter le pays ?

Non, parce que je suis un battant et plus ça va mal, plus ça donne envie de se battre. J’aime ce pays où je ne suis pas né, j’aime les Israéliens même dans leur bêtise, j’ai envie de les secouer. Cependant, au moment des saletés morales, en 2001 à Gaza, j’ai convoqué mes enfants et je leur ai dit «Prenez vos enfants et cassez-vous ! Il n’y pas d’avenir ici.» Mais eux aussi sont restés. Reste la question : est-ce responsable d’éduquer ses propres enfants dans ce pays quand on voit que ça se terminera mal ?

Il n’y a donc aucun motif d’espoir ?

L’écroulement de la gauche a au moins un avantage : ça nous oblige à travailler ensemble. Dans les années 80-90, l’opinion publique était majoritairement à gauche. Il y avait une majorité pour la reconnaissance de l’OLP, contre la colonisation. Dominique Vidal du Monde Diplomatique, un fin connaisseur des sondages, montre que depuis la guerre du Liban, l’opinion publique affiche une grande stabilité. C’est un paradoxe. La droite s’appuie sur des valeurs et possède une stratégie pour obtenir et conserver le pouvoir. La gauche est à l’image de la ville de Tel Aviv, plongée dans la consommation et le sentiment qu’il n’y a pas d’urgence à changer les choses.

Vous êtes vous-même très impliqué dans la campagne BDS. Qu’en retirez-vous ?

C’est une campagne importante car on ne change pas un pays sans pression. Le boycott et les désinvestissements conduiront aux sanctions. Et ça va plus vite que ce à quoi je m’attendais. Je sais que cette campagne est un marathon. Mais 10 ans après son lancement, cela va plus vite que j’avais prévu. On est passé des oranges à Orange. Quand Orange se retire d’Israël c’et du sérieux. Quand la Compagnie des eaux hollandaise qui intervient chez nous dit que la politique menée va à l’encontre de son éthique, c’est du sérieux. Quand on retire de l’argent des fonds de pensions s’il y a des investissements dans les territoires occupés, c’est du sérieux. Benyamin Netanyahou s’est dit indifférent à cette campagne et pourtant, il a consacré 10 minutes de son discours de l’ONU. Ce n’est pas rien. Cette campagne n’est pas seulement juste, elle commence à devenir efficace.

 

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