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Tant qu’il y a de la colère...

Gilets Jaunes

Frederick Douglass disait que « le pouvoir n’a jamais concédé et ne concèdera jamais rien sans revendication ». C’était au XIXe siècle. Il était né esclave... Près de deux siècle plus tard, on en est encore là. Une lutte perpétuelle. Déprimant. Pourtant, si le constat est partagé, dans la salle polyvalente de Sardent qui ac-cueillait, jeudi, l’assemblée citoyenne des gilets jaunes de la Creuse unie, on ne trouvait pas de capsules de cyanure parmi les victu-ailles en partie locales prévues pour la pause. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de résignation... La colère est toujours là et tant qu’il y a de la colère, il y a de l’espoir.
De la colère... et de la frustration : celle des premiers jours toujours, celle de ne pas être écoutée, celle de la parole trop longtemps contenue. Celle d’avoir tellement à dire... et si peu de temps. Celle aussi d’être nombreux dans ce cas-là. Conséquence de quoi le programme déterminé à l’origine n’aura pas pu être suivi... et qu’importe,  rien ne vaut la spontanéité d’une parole libre. D’autant que des réunions, il y en aura d’autres. Le même Frederick Douglass disait que « les limites de la tyrannie sont déterminées par l’endurance des oppressés. »
Les gilets jaunes tiennent. Ils n’oublient pas que « aujourd’hui trois personnes physiques au monde détiennent plus que les trois millions de personnes les plus pauvres » ; ils n’oublient pas non plus que 80% des mass média appartienent à 9 milliardaires ; ils ne supportent plus la casse des services publics, les logiques comptables, la marchandisation de la santé humaine ; pas plus qu’ils ne supportent de voir opposer privé et public, de voir stigmatiser tour à tour les jeunes, les chômeurs, les fonctionnaires, les ouvriers, les paysans, les artisans... Comme tout le monde ou presque.
Sauf que...
Là où la coupe du monde ou l’enterrement de Johnny mobilisent les personnes par millions, la défense des conquis sociaux et l’obtention de nouveaux droit semble ne concerner personne. La logique du « il faut faire, mais... toi d’abord ». « On aura l’avenir qu’on mérite », rappelle un participant.
« Moi, je rencontre les gens, je suis postier. Et depuis trente ans, j’entends que ça va mal », témoigne-t-il. Et, théâtral, de réstituer l’échange. « Alors je réponds toujours. « Oooh ça ne va pas s’arranger.
-  Oui, oui, oui, ils nous prennent pour des cons quand même. »
Et bin, j’ai envie de dire, le meilleur moyen de changer les choses, c’est d’arrêter de se comporter comme tel ! Savoir dire non, ne pas laisser les autres réfléchir à sa place. Le citoyen c’est le patron, vous êtes le patron ! »
Si des divergences apparaissent sur la façon d’aborder les choses ou d’envisager la suite, un cœur commun a tôt fait de garder les individus soudés. Ce que veulent les citoyens, c’est une institution qui soit au service de l’homme et plus de la finance, de l’intérêt général sur les intérêts particuliers... Les revendications restent les mêmes : le RIC, le rétablissement de l’ISF, la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, la diminution du train de vie des membres du gouvernement, des parlementaires et des hauts fonctionnaires, ainsi que l’indépendance du quatrième pouvoir.
Reste à savoir ce qu’on fait ?
Le dépôt des téléviseurs devant la préfecture a été évoqué, tout comme, pour mobiliser un peu plus, une grève du sexe façon Lysistrata... On envisage des municipales sans listes pour essayer de trouver des bases saines, de se rapprocher d’autres groupes à la réflexion plus aboutie pour avancer plus vite, ou encore une chaîne Youtube. Et on pense insurrection, grève par inertie, grève générale.
Un postier, un autre, prend la parole. Il a été embauché en 1974, syn- diqué le lendemain, il participait peu après à la grande grève des PTT : « On a gagné plein de choses parce qu’on a fait une grève dure et longue. Une grève générale, ça se prépare, ça ne s’improvise pas. » Et le débat de porter sur le rôle des syndicats. Pour les uns une grève générale ne peut que s’appuyer que sur les syndicats. Pour les autres demeure la crainte de les perdre dès l’obtention de miettes pour leurs corporations.
La grève générale... ça plaît bien, mais on ne sait pas trop par quelle bout la prendre. Et puis on finit par hésiter. Et puis la violence, on n’aime pas trop ça...
« On subit une violence sociale inouïe depuis 40 ans », intervient à nouveau le postier (le premier). « Mais regardez l’histoire, quand on obtenu quelque chose, on l’a obtenu comment ? La modération ne paiera pas. Parce que, les pisse-vinaigres et les mous-du-genou, faut pas oublier qu’en face, c’est des durs que vous avez.
- Alors il ne faudra pas se plaindre s’il y a de la repression », lui répond-on. « Mais on l’a déjà ! »
Petit bilan rappelé dans la foulée par le modérateur de la réunion : 7.500 grenades à dispersion, 10.000 tirs de flashball, 100.000 gazeuses, 1.500 condamnations et une centaine de personnes avec une invalidité.
Et ce n’est que les chiffres communiqués par la police...