Fil info
22:14 La Corrèze s'incline devant son groupe préféré https://t.co/SHfLEErjCG
20:51 Trop de places assises vendues ce soir pour le concert aux Trois Provinces. Les organis… https://t.co/KMqLYwzL2K
20:46 . Trop de places assises vendues... Les organisateurs demandent à ce que les plus… https://t.co/tvs7v12Ers
20:01 Salle comble ce samedi soir à salle des Trois Provinces. 4000 personnes venues de toute… https://t.co/b2kedDQSTH
17:55Creuse : Le tabou du mal-être paysan | L'Echo https://t.co/Bjy7a3Guk5 via
13:00Région : Le chocolat, un produit courant et pourtant si méconnu | L'Echo https://t.co/yBddTy4LcE via

Condat : la balle dans le camp de l’Europe

Social

Plus on en parle, moins on en sait. Alors que le dossier de demande d’aide aux papeteries de Condat a été déposé à Bruxelles, les services de l’État veulent garder confidentiels les montants demandés et leurs affectations.

C’est en nombre que les services de l’Etat s’étaient déplacés hier à Condat et au Lardin Saint-Lazare pour travailler sur l’avenir des papeteries de Condat.
Jean-Pierre Floris, délégué interministériel aux restructurations d’entreprises était accompagné de son rapporteur, Clément Bertholet, et entouré de Frédéric Périssat, préfet de Dordogne, Sébastien Lepetit, sous-préfet, et Alexandre Arrivets, directeur de la Direccte. Le matin, les représentants de l’Etat ont visité le site et rencontré Andréa Minguzzi et la direction des papeteries, puis les organisations syndicales. En début d’après-midi, c’est avec les élus locaux, Laurent Delage, maire du Lardin, Stéphane Roudier, maire de Condat, Francine Bourra et Dominique Bousquet, conseillers départementaux, et les représentants de la députée Jacqueline Dubois, qu’ils ont étudié le sujet. Au cours d’une conférence de presse, Jean-Pierre Floris et Frédéric Périssat ont exposé les dernières avancées du dossier. « Il s’agit d’un investissement privé mais qui sollicite des aides publiques, conditionnées à des règles à la fois nationales et européennes ». Jean-Pierre Floris évoque « une affaire au long cours ». Venu sur place en juillet 2018, il avait, à l’époque pu, avec la Région, proposer un prêt de 35M€ sans intérêts. « Compte tenu de la situation financière de Condat, la décision d’investissement n’a pas été prise sur ces bases. Nous avons donc décidé d’apporter un soutien plus important mais cette décision doit être soumise à Bruxelles. Elle a été transmise tout récemment et nous l’avons rédigée avec le plus grand soin afin qu’elle puisse être acceptée et que le dossier soit traité en priorité ». Le matin, les représentants de l’Etat ont tenté, en vain, de convaincre la Direction de Condat de débuter les investissements sur la ligne 8 sans attendre la décision de l’Europe.
Actuellement, l’Etat ne communique aucune information sur le montant de l’aide demandée et sur son affectation. Alors que les informations précédentes parlaient de 35M€ en faveur de la réduction du coût de l’énergie, le mot d’ordre actuel est motus et bouche cousue pour ne pas s’exposer à des « récriminations d’autres entreprises en France ou à l’étranger ». Seul Clément Bertholet parle d’aide à l’énergie.
« Notre objectif, c’est que Condat fasse l’investissement sur la ligne 8 car il s’agit d’un projet d’un intérêt certain qui assurera la pérennité de l’entreprise pour de nombreuses années ». Actuellement, la ligne 8  est arrêtée « temporairement ». La transformation de cette ligne pour fabriquer d’autres papiers nécessitera des mois de travaux, certainement 15 mois. Durant cette période, les salariés devraient bénéficier de formations. Des postes seront supprimés dans le cadre de départs à la retraite mais un accord a été signé avec les syndicats pour qu’il n’y ait pas de licenciements. Une réunion avec les différents acteurs ce matin à la Direccte étudiera les plans de formations possibles.
Les 11 000 heures de chômage partiel accordées en 2018 seront forcément en augmentation cette année mais l’état rappelle que le supplément ne sera accordé que dans la mesure où Condat investira. « Cet investissement est forcément une bonne chose pour l’entreprise. Avec ou sans aide, c’est un marché porteur où la concurrence est faible. Il serait souhaitable que l’investissement se fasse au plus vite ». Dans le cas extrême où Condat envisagerait de ne pas investir, « il faudra faire un plan social. Si vous retranchez aux 48M€ d’investissements le coût d’un plan social, le delta d’investissement n’est pas très important pour une amélioration substantielle du résultat ».
Jean-Pierre Floris se veut rassurant : « On a toute confiance en Andréa Minguzzi et son équipe ». Frédéric Périssat ajoute, « on n’a pas le sentiment de parler avec quelqu’un qui veut partir. Lecta ne veut pas fermer le site »

Brigitte Ovaguimian