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Retour sur les traces de l’amoureux de Gimel

Jusqu’au 2 août, Gimel-les-Cascades propose une exposition sur Gaston Vuiller, «précurseur de la défense du paysage en Corrèze», à l’occasion du centenaire de sa mort.
Sorte de «réplique à l’exposition sur le centenaire du classement de Gimel qui a eu lieu en 2012», note Alain Sentier, cette exposition est l’occasion pour les touristes de découvrir de plus prés le plus grand défenseur de Gimel. Gaston Vuillier, intellectuel pyrénéen, né en 1845, est tout d’abord un artiste itinérant. Il se plaît à voyager et à découvrir de nouveaux pays: la Tunisie, Malte ou la Corse, sources de son inspiration.
Ce grand explorateur tombe par hasard sur le village de Gimel-les- Cascades en 1892 pour ses articles illustrés. Il sejourne alors dans l’hôtel du «Repos de la Cascade». A l’aise avec les légendes et le monde paysan, il publie un article sur Gimel dans le périodique «Le Tour du Monde» en 1893, participant à une certaine renommée du hameau. Le maire de la commune explique : «Gimel lui rappelait les paysages de sa jeunesse. Issu d’un milieu modeste avec une mère servante, il était à l’aise avec le monde rural. Il est tombé littéralement amoureux de ce paysage corrèzien. Sans lui et son combat acharné, le fleuron touristique de Gimel et surtout celui des trois cascades ne serait pas envisageable». En effet, Gaston Vuillier mène pour Gimel, un premier combat en 1895, contre le projet industriel du Limougeaud prénommé Bardenat. Ce dernier veut alors construire un barrage pour créer de l’électricité : ce qui aurait causer la disparition des cascades. En mobilisant le cercle de ses amis: le Touring Club de France, le Club Alpin, les Frères Reclus ou La Société de Géographie, Gaston Vuillier va réussir à convaincre J.Méline, Président du Conseil qui lui donne raison.Vuillier disait «Gimel nous touchait de près, nous aimions sa beauté sauvage, son charme si pénétrant, et nos études artistiques nous rappelant fréquemment dans la région, il nous était facile de surveiller les projets dévastateurs».
L’admirateur de Gimel prend alors conscience de l’outil touristique à développer, « il commence à acheter des terrains du Parc Vuillier, il aménage un sentier de découverte des cascades avec des protections. Il bâtit le Pavillon des Eaux vives, un restaurant prés de la première chute d’eau»,  ajoute Alain Sentier. Cependant, en 1911, un second conflit arrivé tout droit d’Alsace reprend avec l’industriel Scheubel. Vuillier n’obtient pas le même soutien, Scheubel s’étant mis dans la poche la municipalité et les habitants jaloux de l’artiste. Néanmoins, il s’appuie sur ses amis : Deschanel, Beauquier (...) et en 1912, il obtient le classement des cascades par Léon Bérard, sous-secrétaire d’Etat aux Beaux Arts. Gimel-les-Cascades devient dés lors l’un des premiers sites à être classé en France.
Le maire du village insiste sur «l’admiration qu’il faut avoir par rapport au courage de Gaston Vuillier, pour la ténacité qu’il a su garder dans sa lutte pour la défense du site. Pour quelqu’un qui n’est même pas corrèzien, il a su garder la tête haute face aux injures et menaces quotidiennes». Alain Sentier indique que «cette exposition est une reconnaissance posthume pour Gaston Vuillier» qui retrace tant sa vie d’artiste et d'intellectuel accompli que son engagement opiniâtre au sein de la commune.
En 1915, ce dernier a racheté une maison au village et M. Sentier prévoit d’y confectionner une exposition permanente permettant de montrer aux visiteurs les nombreuses gravures, peintures, photographies, livres, lettres de l’intellectuel qui sont encore stockées à la mairie.
Entrée libre et gratuite.  

Eva Battut

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