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Tempête, baleine blanche, François d'Assise... et Lalala

La Fabrique

On l’imagine bien Bedos, posé, d’un stoïcisme badin, feuilleter non chalament la plaquette de La Fabrique et lâcher au directeur artistique Hervé Herpe : « Combien d’habitants à Guéret ? » Puis, après un arrêt, reprendre d’un très Bedosien « 14.000 ? Tu te fous de ma gueule ? » Avec ses 80 représentations, la Fabrique, scène conventionnée de Guéret, qui attire à la louche entre 20 et 22.000 spectateurs de Creuse, d’Aquitaine et d’Occitanie, aussi, est l’un des plus gros bouillons de cultures de la région...
Si le centre est réputé pour sa programmation, théâtre et écriture en particulier, il l’est aussi, plus curieusement pour ses spectateurs. La Fabrique, c’est un peu, selon le tandem Hervé Herpe, Filip Forgeau, « une école du spectateur » qui s’est naturellement construite au fil des ans et au fil des choix, celui de l’originalité en tête. Le public n’a pas forcément besoin d’une étiquette fluo estampillée vu à la télé pour s’émerveiller... Mais encore faut-il lui faire confiance. Et en douze ans s’est nouée, de ce fait, une véritable complicité : « On se connaît. On leur dit tentez le coup, vous allez voir... Ils nous font confiance et nous disent après ce qu’en ont pensé. »
Une complicité informelle aussi bien que structurante qui fait que l’expérience ne s’arrête pas une fois l’écho des derniers applaudissements, pas plus qu’à la porte de la salle... « Les gens, dans le hall n’ont pas peur d’aller voir les artistes. C’est aussi pour ça qu’on a institué un pot à la fin des représentations », sourit Filip Forgeau.
Et c’est ainsi qu’un media lab c’est mis en place l’année dernière à l’occasion d’Urban culture, et qu’une armée de journalistes en herbe de l’école à l’université, présentant, défendant, interviewant ... s’est accaparé le festival.
C’est ainsi aussi que sur le volet création de La Fabrique qui propose toujours des chantiers, des bébés spectacles, auquel le public est invité à assister... « On a même eu des artistes qui, à un moment de son spectacle, demandent au public : je suis coincé, qu’est-ce que je dois faire ? Voilà, on ne considère pas le public comme consommateur. »
L’originalité a laquelle tiennent Hervé Herpe et Filip Forgeau, c’est aussi un certain refus de la facilité soutenu par la municipalité (1). « Ceux qui ne programment que des têtes d’affiche n’ont plus la possibilité de travailler l’ouverture culturelle », regrette Christian Dussot, adjoint au maire en charge de la culture. « La réalité est là. Forcément quand on ne fait que des têtes d’affiche, il y a moins d’argent pour les actions culturelles... » Discours suivis de faits, les tarifs de La Fabrique (3,20€ pour les demandeurs d’emploi par exemple) ne constituent pas un obstacle dans l’accès à la culture.
En ce qui concerne la saison culturelle, la formule reste inchangée : un tiers de théâtre, un tiers de musique, un tiers d’art de la scène jeune public... Avec des habitués dont on aime suivre le parcours et des surprises... Pour ce qui est des premiers, Philippe Flahaut revient avec la compagnie Création éphémère qui propose trois spectacles : Univers Elle (les 4 et 5 décembre), un spectacle sur l’exil, et deux spectacles jeune public, Il était une fois (le 19 janvier) qui revisite le Petit Poucet et Au pied de mon arbre (le 8 décembre), une fable écologique. En ce qui concerne les seconds. Robert Bouvier, vient en tant que metteur en scène présenter le Chant du cygne (le 12 décembre) qui a connu un grand succès la saison passé et en tant qu’acteur dans François d’Assise (le 14 décembre).
Autres dates clés, le Travail, c’est la santé ! (le 3 avril - chantier ouvert au public le 27 octobre), nouvelle création de Didier Kerckaert qui risque de résonner très fort. Accompagné de Thierry Thibault, tubiste fondateur de l’ensemble Epsilon initiateur du festival Cui-vre en fête, il revisitera aussi Moby Dick (le 23 janvier).
Et bien sûr une floppée d’autres dates raffraîchissantes... avec notamment Tempête (le 29 mars) de la Cie Dérezo. « Les 20 premières minutes du spectacle auront lieu dehors. On est sur lebâteau jusqu’au naufrage, c’est hallucinant. On est entre théâtre et théâtre forain. Ils ont réussi à se saisir de Shakespeare de manière incroyable », assure Hervé Herpe tout aussi enthousiaste pour Sapho (le 17 mars), côté musique, qui revisite « avec classe » le répertoire du Velvet underground, ou encore, pour GiedRé. « C’est une artiste qui a inventé quelque chose. Et puis il ne faut pas oublier que sur Guéret, il y a 500 étudiants », insiste-t-il.
Première escale d’une saison qui emmenera son public assez loin, vendredi à 20h30 au Sénéchal, avec le ciné concert les Mondes futurs d’après H.G. Wells,vus par NeirdA & Z3ro accompagnés de Stephen Besse. Tarifs 8€/4€.

Programme détaillé : www.lafabrique-gueret.fr

(1) La Fabrique reçoit 400.000€ de la ville sur un budget global de 700.000€. Et 24.500€ du Conseil départemental, qui a coupé de moitié son aide il y a deux ans.

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