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Trois points pour du cousu main

Prévention de la délinquance

«Si vous pensez que la prévention coûte cher, essayez l’absence de prévention... » Sans pour autant nier l’utilité de la répression, Michel Vergnier, le maire de Guéret et l’adjoint en charge de la sécurité, David Gipoulou, le maintiennent :  « Le plus efficace, c’est la prévention, on le voit avec le débat sur les prisons. On y fait entrer des jeunes tendres qui en ressortent beaucoup plus durs. » Tout l’objectif du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance de Guéret qui s’est réuni, vendredi, en séance plénière.
Pas de révolution, éviter aux jeunes de passer par la case prison est avant tout une histoire de long terme et de proximité. Comme dans beaucoup de domaine, en Creuse, on fait du cousu main... « On est sur une ville à échelle humaine, on connaît les situations. Quand des guérétois causent du soucis, on connaît les individus, donc on peut travailler sur un programme individuel », souligne David Gipoulou. « On prend les jeunes par la main et on les conduit à la Mission locale ou à l’AFPA », poursuit Michel Vergnier « On ne leur dit pas où aller, on y va avec eux. Bien sûr on ne résout pas tout, on a des situations d’échec (1), mais le contact existe. »
Trois groupes de travail, composés de plusieurs acteurs locaux, ont été créés à cette fin, autour de trois chantiers : un programme d’actions à l’attention des jeunes exposés à la délinquance et la prévention de la récidive ; un programme d’actions pour améliorer la tranquillité publique ; ou encore  un programme d’actions consacré à la commission santé.
Sur le premier point, sont ressortis, entre autres, la nécessité d’apporter une attention particulière auprès des jeunes issus de la communauté tsigane en s’appuyant sur le projet social du centre tsigane de l’UDAF (montage de projets, soutien financier, échanges d’informations...) ou encore d’établir une convention avec les organismes de formation pour accueillir les jeunes identifiés par le CLSPD. C’est dans ce cadre, aussi, que la  mairie a été sollicitée par la justice pour renforcer et améliorer l’accueil des jeunes en TIG par la collectivité. « À un moment, le procureur a besoin de connaître notre capacité » souligne Michel Vergnier qui annonce la création de 4 postes diversifiés « y compris dans l’administratif. »
Sur l’amélioration de la tranquillité publique sont à noter la création d’un deuxième poste de médiateur pour assurer la continuité de service et la création et diffusion (2) d’un guide sur la tranquillité publique dans lequel figureront les différents acteurs concernés, leur rôle et leur contact. « Sur l’aspect tranquillité publique, on est sur un territoire sûr... Le revers de la médaille, c’est que la population a une tolérance aux faits très faible dans la mesure où dans d’autres régions certains faits ne seraient même pas signalés. Il faut objectiver mais aussi trouver des solutions », commente David Gipoulou.
Sur la question, enfin, du bien-être des jeunes sur le territoire, considéré à la fois comme un objectif en soi et comme un moyen de désamorcer une certaine quantité de faits, le CLSPD va chercher à établir un état des lieux du bien-être  de la jeunesse guérétoise et de là déterminer comment agir pour faire baisser tel ou tel indicateur.
Autre piste, la formation auprès des organisateurs de manifestations festives. Et d’y associer l’ANPAA. « Ça ne va pas gâcher la fête mais, ça peut éviter de se la gâcher après. »

(1) Les élus considèrent comme réussite l’instant où la tranquillité est rétablie et où une personne en errance renoue avec la scolarité ou la formation. Un début de réussite du moins... Si l’échec correspond à la prise en main d’une situation par la justice, les élus vivent mal quand un jeune a accepté d’écouter les conseils, a suivi une formation, décroché un diplôme et se retrouve finalement au chômage... Et sur ce point, la marge de manœuvre du CLSPD est limitée.
(2) Sur le site internet de la ville. Les membres du CLSPD s’interrogent sur une possible impression du guide disponible à la mairie ou dans les locaux des différents partenaires.

 

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