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Les traversée du désert de François Elie Roudaire...

Exposition

Il est des tandems si inséparables que l’évocation du nom de l’un appelle, du tac au tac, comme par réflexe, le nom de l’autre. Il est des destins croisés et des voies parallèles, des noms qui se répondent... et des noms qui en éclipsent d’autres, mécaniquement. Ferdinand de Lesseps ? Le type du canal de Suez... facile. François Élie Roudaire ? Un type qui, à un moment, a dû faire un truc pour avoir son nom sur une plaque. Et pour avoir un bout de bibliothèque multimédia du Grand Guéret rien qu’à lui pour l’hiver. Du 7 décembre au 2 mars, la BM, en partenariat notamment avec la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, réhabilite la figure du colonel utopiste au travers d’une exposition intitulée « De Guéret au Sahara, sur les traces d’Elie Roudaire ».
« Était-ce un doux rêveur ? Un utopiste ? En tout cas, c’était un génie incompris sur lequel nous allons revenir, un peu à la manière d’un conte à épisode (lire le programme ci-contre) », résume Ginette Dubosclard, vice-présidente de l’agglo, en charge de la lecture publique. « Ses réflexions correspondent à ce qu’on peut faire aujourd’hui autour du Sahara, du climat, de l’éco-énergie... les panneaux solaires sont dérivés de ses premières expérimentations. »
Militaire, géologue de formation, c’est tout naturellement qu’il se retrouve à arpenter les colonies, et graine de génie, c’est tout naturellement qu’il s’éloigne des chemins tout tracés à l’image de ces crapauds fous qui s’écartent, sans que l’on sache trop pourquoi, du chemin (bio)logique qui les amène sur leurs lieux de reproduction où mener une vie de crapaud heureux, mais bifurquent pour ouvrir parfois de nouvelles voies. Et c’est ce qu’il a fait, François Élie Roudaire, en suivant son intuition après la découverte, dans la province de Constantine (Algérie), de chotts (étendue d’eau salée permanente en Afrique du Nord) dont il mesure le premier avec précision la profondeur : l’officier est convaincu que la vaste dépression salée qui se prolonge jusqu'au golfe de Gabès correspond au lit d'une mer asséchée...
De là l’idée de ramener la mer par un canal creusé dans le seuil de Gabès. Et quatre expéditions, les trois premières financées par l’État français, la dernière, par son ami Ferdinand de Lesseps, amateur de canaux, fasciné par la volonté de Roudaire de modifier, par la masse d’eau introduite, le climat local et de refaire de la région un grenier à blé.
Si Ferdinand de Lesseps, en finançant cette dernière opération a sorti la tête de Roudaire hors de l’eau, c’est aussi un peu lui qui l’aura malgré lui enterré dans le sable... « Pourquoi Roudaire a été oublié ? Les raisons peuvent être multiples », explique Anne-Marie Corchi, directrice de la bibliothèque multimédia. « Le projet n’a pas abouti... Et puis Ferdinand de Lesseps lui aura fait de l’ombre, aussi bien avec la réussite du canal de Suez qu’avec le scandale de Panama, le plus gros  scandale de la fin du XIXème. Cette histoire de détournements de fond aura probablement causé du tort indirectement à Roudaire, qui partait dans de mauvaises conditions pour défendre son projet à nouveau. »
« Et puis, Roudaire est mort jeune », ajoute Daniel Dayen, historien, membre de la Société des sciences, qui a travaillé sur Roudaire et sa famille dans le Guéret de 1840. « Je me suis beaucoup intéressé à son père. Il l’a beaucoup  influencé, il était un peu utopiste aussi... Et il a été l’un des fondateurs de la société des sciences en 1832. Au départ, il était même question d’une salle aménagée dans la maison des Roudaire. » Il aura laissé une impressionnante collection d’ouvrages scientifiques mais aussi toute l’œuvre des philosophes du XVIIIème qui auront aussi façonné la facette humaine du fils.
Un lien avec la société des sciences qui explique aussi comment elle est entrée en possession de documents de première main... ça et des lignées qui se sont taries. Une richesse composée de photos, de dessins, de cartes, d’un carnet composé de toutes les nécrologies parues dans la presse nationale réunies par Ferdinand de Lesseps à la mort de son ami et de toute une correspondance entre deux hommes (dont ont hérité depuis les archives départementales) et qui a donné lieu à un ouvrage édité par la société des sciences en 1998 et réédité à l’occasion de l’exposition.

À voir, à consulter, à découvrir
Outre les documents fournis par la société des sciences (dessins, carnets... ainsi que le carnet de nécrologie réalisé par Ferdinand de Lesseps dont un fac-similé sera disponible à la consultation), l’exposition mettra en exergue des instruments scientifiques prêtés par l’IGN, un portrait de Roudaire par Cormon que le musée a fait restaurer en prévision, deux bois gravés de May Angeli, illustratrice de L'Invasion de la mer, dernière œuvre de Jules Verne, inspirée par les travaux de Roudaire. La bibliothèque a par ailleurs étoffé son fonds par l’acquisition d’une édition originale de ce dernier Jules Verne.

Autour de l'expo

Vendredi 7 décembre à 20h, conférence « L’eau du Sahara, mythe, mirage et réalité », par Yann Callot. A la BM.
Vendredi 18 janvier à 18h30, conférence « Et comment va votre mer, M. Roudaire ? » ; une mer intérieure pour reverdir le Sahara, le projet d’un officier de Guéret, entre rêve et réalité, par Jean-Louis Marçot. A la BM.
Samedi 19 janvier. À 11h : Séance de dédicace avec l’illustratrice May Angeli ;.de 15h à 17h30 : Atelier de linogravure avec May Angeli. Tout public, à partir de 7 ans. Sur réservation à la BM.
Vendredi 1er février à 18h30. conférence « Roudaire de père en fils : le Guéret des années 1830-1840 et la création de la Société des sciences de la Creuse » par Daniel Dayen. A la BM.
Jeudi 14 février à 18h30 .Lecture « L’invasion de la mer de Jules Verne » par les comédiens du cours d’art dramatique du Conservatoire départemental Emile Goué et en partenariat avec la Guérétoise de spectacle. A la BM.
Vendredi 15 février à 18h30, conférence « 1877 : Mouchot, pionnier de l’énergie solaire, rencontre Roudaire dans les chotts : utiliser ou refaire la nature ? » par Frédéric Caille. A la BM.
Jeudi 21 février à 18h30 . Malle aux histoires : contes africains. Pour les enfants à partir de 7 ans. Sur réservation à la BM, espace animation jeunesse.