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Eiffage : nouveau jour de lutte

Hier, les salariés d’Eiffage, après une première action le mois dernier à l’appel de la CGT, étaient de nouveau en grève. En cause un accord d’entreprise porté par la direction qui prévoit la suspension du 13e mois des «petites mains» en échange du mainti

«Dans ce pays, on ne peut pas dire qu’on se met en grève pour se parler», lâche à ses salariés le directeur régional d’Eiffage construction.
«Il nous dit que ça ne sert à rien de perdre une journée de salaire pour faire grève alors que lui, c’est un mois de rémunération qu’il veut nous retirer», rétorque un salarié. Dans cette lutte, il s’agit en effet de s’opposer aux pressions exercées sur la fiche de paie. «Au départ, la direction évoquait un plan de compétitivité, rappelle Lino Da Silva (CGT). Alors, on lui a demandé de mettre les comptes sur la table. Et là, ça s’est transformé en accord d’entreprise où on nous propose de travailler 38 heures payées 35.»  Même son de cloche pour Mustapha Lemsaq, délégué syndical FO : «Il y a quelques mois l’entreprise nous alerte de difficultés économiques et propose une négociation pour le maintien de l’emploi qui consiste à faire des efforts à tous les étages, y compris pour les actionnaires. Nous, on a dit qu’on était d’accord mais au dernier moment, il y a eu un changement d’attitude avec cette proposition d’un accord d’entreprise où seuls  les petits salariés seraient touchés avec la suspension du 13e mois pendant deux ans.» «C’est une manière de revenir sur l’accord des 35 h et nous faisant faire des heures supplémentaires non majorées», dénonce Anli Thanlabi, représentant CGT.

Hier donc, à l’appel de CGT cette fois rejointe par FO, la CFTC et la CFDT, les salariés d’Eiffage étaient de nouveau en lutte dans le cadre d’une action nationale. A Limoges, ils se sont de nouveau réunis devant le siège local de la société de construction où, en fin de matinée, le directeur régional Michel Berthou est descendu s’entretenir avec eux, plaidant avant tout la reprise du travail. «Nous sommes prêts à discuter avec vos représentants.» Le ton employé par l’employeur est celui de l’apaisement : «Venez vers nous avec vos propositions !» Mais quand Lino Da Silva lui demande de s’engager à ce que les efforts soient équitablement répartis, l’ambiance se réchauffe. «Quand on lui demande de renoncer à sa part variable par écrit, il ne veut pas le faire», tonne le syndicaliste.

Les échanges, plutôt vifs, font remonter toute l’amertume de salariés qui constatent que les gros salaires augmentent plus vite que les leurs et que les dividendes, en inflation de 107 millions en 2013 d’euros ne sont pas concernés par la politique de restriction. «Aujourd’hui, on veut suspendre notre 13e mois mais c’est une première étape. Une fois l’accord signé, ils nous demanderont autre chose». Aujourd’hui, les représentants locaux de CGT et FO assurent qu’ils ne signeront pas un tel accord.

«Le problème c’est que notre entreprise comme les autres grands groupes de BTP ont été les premiers à engager des travailleurs «low coast». Et maintenant que les autre entreprises font la même chose, on nous dit que si on veut garder les marchés, il faut être payés moins chers», dénonce un salarié. «On nous dit qu’il n’y a plus de travail dans la région mais à force de dire, comme le prétend le Medef, qu’il y a trop d’impôts, trop de cotisations, trop de charges, les budgets des collectivités se réduisent. C’est ça la réalité», souligne ce syndiqué CGT.

«C’est pas une lutte de classe», estime le directeur Michel Berthou. Mais à bien écouter les salariés, ça y ressemble.

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