La céramique, ils l’aiment

Exposition

 

Après le Centre international d’art et du paysage de Vassivière, l’exposition «La céramique, tu l’aimes ou tu la kick» s’est installée au musée du Four des Casseaux à Limoges. Elle est le fruit de quatre jeunes artistes issus du post-diplôme kaolin de l’école Nationale Supérieure d’Art (ENSA) de Limoges, aux univers et démarches variés. Ce nouveau lieu offre un tout autre point de vue aux visiteurs, avec des pièces inédites, voire pour certaines pensées spécialement pour le four du musée.

C’est le cas des créations d’Anna Tomaszewski, qui invite chacun à regarder par les petites ouvertures situées tout autour du four, qui servaient à contrôler la température pendant la cuisson. Par ces «regards», on aperçoit des miniatures trouvées lors des déambulations de l’artiste au sein de l’ENSA. Puis, plus à l’intérieur du four, on découvre une installation constituée des agrandissements de ces miniatures. Un jeu d’échelles pour présenter les deux états au travers de jeux d’optiques, pour faire basculer le regard dans un univers poétique où le micro s’entremêle au macro.

deux mois de résidence en chine

Les quatre artistes qui ne se connaissaient pas du tout ont participé ensemble à une résidence de plus de deux mois à l’Université internationale de céramique de Jingdezhen, ville chinoise connue pour sa porcelaine. C’est après avoir assisté à une conférence sur les poteries néolithiques que Pierre Boggio a choisi de reprendre la technique employée à cette époque, celle des colombins d’argile, pour façonner des vases. Une création qui s’oppose à celle de Mylène Garcin, qui, elle aussi, présente une série de vases mais davantage proche d’un procédé industriel. Après avoir plongé ses mains dans le bleu de cobalt, bleu précieux employé dans les grandes manufactures depuis des générations, l’artiste est venue enserrer les cols des vases pour y laisser ses empreintes.

Mylène Garcin s’est aussi inspirée des fourrures des peintures d’Histoire pour créer des volumes sinueux à la fois lourds et volatiles qui se déploient dans le musée sur des surfaces horizontales et verticales. Au départ, ils attirent par leurs courbes et leur matière puis peu à peu ils déconcertent. Car le foisonnement de colombins en céramique évoque des poils, mais peut aussi s’apparenter à des pics voire à une multitude de dents acérées. Ces formes avancent, semblent grignoter l’espace, se rapprochent de plus en plus... Viendraient-elles nous manger ? Après tout, dans les peintures d’Histoire, les capes de fourrures, aussi belles et luxueuses soient-elles, faisaient disparaître l’homme en tant qu’individu au profit de ce qu’il représentait.

Autre démarche, celle de Thé Cazaubon, qui a travaillé avec une extrudeuse pour détourner un ensemble de colombins en contrariant leurs formes et leurs volumes. Le designer de la bande a voulu faire croître le différent au sein d’une même matrice. Si la répétition est de mise, ce n’est en aucun cas pour obtenir des éléments semblables. Tous se démarquent dans leur différence, à l’image des quatre artistes qui composent cette exposition.

à découvrir jusqu’au 2 mars au musée du Four des Casseaux, 28 rue Donzelot à Limoges. Ouvert du lundi au samedi, de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30. Tarifs : 4,50e par personne, 2,50e pour les étudiants, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

 

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