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La «pensée-monde» de Frantz Fanon

La bibliothèque francophone multimédia de Limoges propose une soirée exceptionnelle sur l’homme qui a démonté scientifiquement les méfaits de l’idéologie coloniale.

La Bibliothèque francophone multimédia de Limoges propose mercredi 18 septembre une soirée «Frantz Fanon, une pensée monde», organisée par la revue limousine «A» en préalable à son prochain numéro actuellement sous presse, consacré au psychiatre indomptable dénonciateur des mécanismes de l’aliénation coloniale et raciale. Invités ; le romancier guadeloupéen Daniel Maximin et la dramaturge Thérèse Bonnetat.

C’était un homme scandaleux devenu incontournable : Frantz Fanon, né en 1925 à Fort-de-France Guadeloupe), engagé à 18 ans dans les Forces Françaises Libres, étudiant en médecine, formé à la psychothérapie à l’hôpital anticonformiste de Saint-Alban ( Lozère ), nommé en 1953 médecin-chef à Blida ( Algérie ) où il s’oppose à la psychiatrie coloniale et raciste en vigueur. Impliqué d’emblée dans le combat du FLN pour l’indépendance, (en liaison notamment avec Abane Ramdane un des tout premiers responsables de l’insurrection de 1954), il démissionne de son poste à Blida et rejette sa nationalité française. Il est expulsé d’Algérie en 1956. Il meurt à 35 ans d’une leucémie foudroyante, est inhumé au cimetière des Chouhadas (combattants et martyrs de la libération) d’Aïn Karma, dans le Constantinois.

Il est surtout auteur de deux ouvrages publiés en pleine guerre d’Algérie, «Peau noire, masques blancs» et «Les damnés de la terre» qui sont, plus que des pamphlets, des démontages scientifiques des méfaits de l’idéologie et des relations sociales et coloniales.

Exemple : Antoine Porot, fondateur dans les années trente de l’école psychiatrique d’Alger et créateur en 1938 de l’établissement de Blida, définit «l’indigène nord-africain» comme un être primitif, «hâbleur, menteur, voleur et fainéant… un débile hystérique, sujet de surcroît à des impulsions homicides imprévisibles». Ripostes de Frantz Fanon : le colonisé est un être «dépersonnalisé, infantilisé, opprimé, rejeté, aculturé, aliéné». Et des participations à plusieurs rencontres inter-africaines où il se fait un des porte-paroles des luttes de libération.

Francophonie

antillaise

La soirée du 18 septembre s’annonce riche en échanges. D’autant qu’elle est l’occasion d’un complément théâtral, texte et mise en scène de Thérèse Bonnetat «Billes de verre, éclat de plomb», une rencontre poétique imaginaire entre Frantz Fanon et Antonin Artaud, le «fou de Rodez», victime d’une psychiatrie répressive, à base d’électrochocs et de traitements chimiques, celle-là même que Fanon et beaucoup de jeunes «psy» récusaient.

Outre ses écrits militants et médico-psychologiques, Frantz Fanon s’est aventuré dans l’écriture théâtrale et poétique, ce qui lui confère une place notable dans la création francophone antillaise. Au même titre que Daniel Maximin, invité d’honneur à cette soirée, d’Aimé Césaire, qui a donné son nom à la place qui s’ouvre devant la BFM limougeaude, de René Depestre, qui a légué l’ensemble de son fonds à Limoges. Cette soirée fait ainsi figure de préface au Festival des Francophonies et à son lever de rideau une semaine après.

Georges Châtain

Soirée Frantz Fanon. Mercredi 18 septembre.18h30. Entrée li-bre. Bibliothèque Francophone Multimédia. Place Aimé Césaire. Soirée animée par Laurent Doucet et Marie Virolle, co-directeurs de Marsa Publications et de la revue A. (voir le site à www.revue-A.fr).

 

Photo : Aimé Césaire et Frantz Fanon. Fresque murale de Bruno Frédal. Place des Caraïbes, le Carbet ( Martinique ).