Fil info
23:39Creuse : FNE 23 : nouvelle association qui préserve la nature creusoise, y compris des éoliennes | L'Echo… https://t.co/Qa3j5YQ9rF

Une nuit pour vulgariser le travail des chercheurs

Dès le début d’après-midi, collégiens et lycéens qui se sont succédé dans les stands de la place Saint-Etienne à Limoges.

Là-bas, pour les accueillir, les chercheurs de l’Université de Limoges étaient bien décidés à leur communiquer, d’une manière attractive, les raisons et les bienfaits de la science. Parmi eux, Robert Kaczmarek, doctorant polonais et Guy Oum, ingénieur dans le domaine de la céramique.

Tout deux font partie du ATHOR (pour Advanced THermomechanical multiscale mOdelling of Refractory linings) qui consiste en la mise en place d’un réseau de formation doctorale autour de quinze thèses dans le domaine des matériaux réfractaires. Un domaine d'intervention qu’il convient de vulgariser auprès des jeunes générations. Pour cela, Guy et Robert ont mis en place une expérience (cf photo) à base de plaques de caramel et de gousses de vanille. «Nous travaillons sur l’optimisation des propriétés thermomécaniques des matériaux». Dis comme cela, on fait bien évidemment naître plus d’interrogations que d’adhésions. «Avec du caramel ou du chocolat, on peut faire comprendre à tout un chacun les qualités d’un matériau pur et d’un matériau composite, notamment en terme de solidité.»

Une porte d’entrée accessible pour pénétrer ensuite plus avant dans le monde merveilleux de la science et faire comprendre que derrière le travail en laboratoire, on trouve «des sujets qui s’appliquent dans la vie de tous jours.»

Dans la construction, les moyens de transport ou de communication, on a recours à des matériaux résistant à de très hautes températures, des matériaux dits réfractaires, aux performances de plus en plus pointues. C’est justement dans ce champ que travaillent les chercheurs d’ATHOR.

Aller à la rencontre du grand public, c’est l’occasion pour eux de se prêter au difficile exercice de la vulgarisation et, pourquoi pas, de susciter des vocations parmi les visiteurs. «C’est important de prendre le temps d’expliquer ce qu’on fait, explique Marc Huger, professeur spécialiste en thermomécanique des matériaux céramiques, chercheur au sein du laboratoire «science des procédés céramiques et de traitements de surface» et coordonnateur du projet ATHOR. Mais c’est aussi l’occasion de dire que, pour aller au fond des choses, il faut être armé.» Une manière de dire que face à la prolifération des écrans et à l’offensive de l’industrie du divertissement, un élève doit d’abord se frotter aux savoirs, à la théorie et aux théorèmes et être en capacité de repousser la tyrannie du plaisir immédiat et du zapping sans limite. «Dans le projet ATHOR, il y a un seul thésard français et cinq thésards européens sur quinze. En matière de produits réfractaires utilisés dans les aciéries, on possède une position de leader, mais attention, d’autres pays comme la Chine progressent.» C’est aussi ça la raison d’être de la nuit des chercheurs : dire aux jeunes qu’on a besoin d’eux et qu’ils doivent s’engager.

J.D.

 

Photo : Exercice de vulgarisation autour des produits réfractaires à l’aide, ici, une simple plaque de caramel.