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Pour Jean-Claude Leblois, la politique d'Emmanuel Macron est "une arnaque technocratique de droite"

Pour sa rentrée, Jean-Claude Leblois, président du conseil départemental, a évoqué les baisses d’impôts en trompe-l’œil et... les futures élections municipales.

Jean-Claude Leblois ne cache pas que «la rentrée s’annonce compliquée.» Pour lui, le contexte national est inquiétant. «L’absence de réformes structurelles, après la crise des Gilets jaunes, me fait craindre le pire.»

Le président du conseil départemental de la Haute-Vienne le dit : «Le Président de la République se prête à un jeu «malin» avec des réductions d’impôts qui sont autant de cadeaux empoisonnés. Pour moi, c’est une arnaque technocratique de droite.» Et Jean-Claude Leblois de rapprocher «les 5 milliards de perte sur la flat tax et l’ISF des 5 milliards non compensés pour la Sécurité sociale.» Ce qui annonce des temps difficiles pour les hôpitaux, donc pour les patients. Sur les retraites, «l’égalité de traitement qu’on nous promet supposerait que, dans un souci de justice, on ne traite pas tout le monde de la même façon.» L’agriculture ? «Avec le CETA, les zones d’élevage comme les nôtres vont être perdantes.» Et puis, il y a cette baisse annoncée de 15% sur le foncier bâti. «Les propriétaires des terrains sont de moins en moins les exploitants agricoles. Or, ce sont eux qui doivent être accompagnés notamment pour répondre au défi climatique. Avec ces recettes fiscales en moins, ce sera par exemple 400.000e de moins pour la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne. Mettre en œuvre les promesses du candidat Macron sans les financer, c’est irresponsable.»

De même, la suppression de la taxe d’habitation est jugée «injuste socialement et dangereuse pour les services publics qu’elle permettait de mettre en place. En outre, il y a un effet pervers dans le message envoyé, à savoir que la solidarité ne servirait à rien. Ce sont des mesures démagogiques. D’un côté, on nous dit que l’on veut faire rouler des trains, que l’on veut préparer la transition écologique ou promouvoir la réussite des élèves et partout, on supprime des moyens.»

A rebours de la politique menée, Jean-Claude Leblois plaide pour la constance et la proximité. Alertant de la suppression des trésoreries, il estime que «la République, par l’absence des agents auprès de la population, se trouve désincarnée.» Exemple : «L’accueil n’est plus assuré à la sous-préfecture de Rochechouart. On renvoie les gens à la maison de service au public de Cussac. L’hypermétropolisation est une chose mais il faut un équilibre avec les bassins de population ruraux. Sinon, cela va générer des conflits.»

Sur le plan local, Jean-Claude Leblois se montre également particulièrement inquiet quant au déménagement de l’activité du laboratoire départemental en Creuse. «La proximité a un coût mais aussi un intérêt et sur cette question, je n’imagine pas que les agriculteurs ne me soutiennent pas.»

Autre dossier, la RN 147 : «L’enquête publique sur la mise à deux fois deux voies des six premiers kilomètres est réalisée. Concernant le projet d’autoroute on attend toujours les résultats de l'étude de faisabilité. Cela devait être en juin puis en septembre. On est aujourd’hui en octobre et on attend toujours.»

Municipales

Alors que les élections municipales de 2020 pointent le bout du nez, le président du conseil départemental affirme vouloir soutenir les projets et les valeurs de gauche. «Je ne crois pas au «ni de droite ni de gauche». On le voit avec Emmanuel Macron : aujourd’hui les masquent tombent. A gauche, nous devons nous unir, voir ce qui nous rassemble et nous mettre d’accord sur des projets.» Mais le risque, c’est aussi celui du découragement des vocations. «Ce n’est pas en baissant les moyens qu’on inversera la tendance.» Bref, Jean-Claude Leblois ne soutiendra pas le moins disant social.

J.D.