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Les «Muses» flamboyantes d’Antony Egéa, un concert chorégraphique vendredi à l’opéra

Après avoir enchanté le public avec Les Forains, ballet urbain créé à l’Opéra de Limoges en 2016 et repris en 2018, le chorégraphe Anthony Égéa est de retour avec «Muses» : deux danseuses, deux pianistes et la musique classique sublimée par le travail sonore de son complice Franck2Louise.

Interprétation éclatante, aisance singulière des corps face à la lumière, sensibilité musicale à deux instruments ou à quatre mains... Au duo de pianistes Jatekok -Nairi Badal et Adélaide Panaget- le chorégraphe Antony égéa associe dans «Muses» deux breakeuses de haut vol -Émilie Schram et Émilie Sudre- danseuses interprètes de la Compagnie Rêvolution.

Composé de pages célèbres de la musique classique, le programme musical est ponctué des interventions du chorégraphe et compositeur Franck2Louise (complice de longue date) à des moments significatifs, pour des décalages électroniques surprenants : un extrait de «Carmen» où les toreros au féminin évoluent dans un breakdance de caractère, gestuelle sanguine, séductrice, virtuose ou la beauté excelle. Un «Boléro», version électro rock expérimental à travers un champ de bataille féminin, gestuelle minimaliste de finger tutting, passage en revue de mouvements graphiques sophistiqués qui balayent les compartiments du corps. Un concert «bolérique», bordélique qui saccage notre mémoire collective du Boléro.

«Prélude à l’après-midi d’un faune» est une danse animale, reptilienne où les corps glissent, s’imbriquent pour laisser apparaître des formes étranges et des compositions picturales. Une danse à même la peau portée par la sensualité envoûtante de la musique de Debussy et une transposition du faune de Ninjisky en mante religieuse. Deux B-girls qui deviennent le temps d’un prélude des sylphides charnelles, géométriques, inquiétantes.

Dans «Danse Macabre» de Camille Saint-Saëns, ce sont les pianistes qui prennent corps, à quatre mains, dos au public pour voir le squelette bouger et les muscles vibrer. Une chorégraphie pianistique où la partition résonne dans les hauts du corps, un tableau de dos où les doigts glissent, apparaissent, disparaissent…

«Ce projet est la continuité d’une démarche de composition et d’une certaine image de la danseuse hip hop que j’avais amorcée dans Amazones et Soli 2 précise le chorégraphe. Les œuvres choisies déroulent ainsi un tapis de danse idéal pour traverser les états de corps et caractères que je veux mettre en scène. C’est ma part féminine, ma passion féminine, une déclaration d’amour… Des femmes qui m’inspirent, me séduisent, me font rougir, ces muses qui agissent sur moi comme un aimant créatif et me donnent envie de les sublimer».

 

«Muses» + after «Opera Dance Floor» au foyer du public à l’issue du concert. Opéra, vendredi 4 octobre à 20h.

Rens. rés. : 05.55.45.95.00