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De la liberté de déclarer sa couleur politique

Motion d'urgence du conseil départemental

Ni de gauche, ni de droite, ni même en même temps, bien au contraire. L’annonce du ministre de l’Intérieur de la fin de l’attribution d’une couleur politique pour les candidats dans les communes de moins de 9.000 habitants a suscité une motion d’urgence de la majorité socialiste, hier lors de la séance plénière du conseil départemental. Pour le groupe socialiste et apparentés, «la démocratie n’avance jamais masquée et nécessite une complète transparence ainsi

qu’une totale liberté sur les positionnements politiques des candidates et des candidats.» Comprenons bien que le «sans étiquette» dans ces communes de 1.000 à 9.000 habitants ne serait plus une option mais bien la règle.

Aujourd’hui, dans ces 8.870 communes concernées par cette disposition, «95% des candidates et candidats avaient en 2014 déclaré une étiquette politique.» Parce que quand c’est flou, il y a un loup, les élus de majorité départementale estime que manœuve s’apparente à «une manipulation électorale» qui «aurait des répercussions en cascade sur tous les scrutins dont celui de l’élection départementale».

Sylvie Tuyeras (PCF) estime que «les électeurs ont le droit se savoir pour qui ils votent». A droite, si cinq conseillers départementaux se sont abstenus sur cette motion d’urgence, une vraie ligne de fracture s’est révélée puisque Rémi Viroulaud lançant au passage des «bravo» à Sylvie Tuyeras a lui aussi évoqué «la liberté de se déclarer» relevant au passage de lourdes «conséquences en matière de financement des partis politiques.»

A six mois du scrutin, cette décision relève également pour Sylvie Tuyeras de la «lubie annoncée qui plus est à six mois du scrutin [...] Faute de trouver des candidats en nombre satisfaisant, la République en marche supprime les étiquettes politiques pour dissimuler son incapacité à se faire correctement représenter lors de la prochaine échéance électorale. Et là où [le parti de l’actuel Président] présentera des listes, il espère par dissimulation, pouvoir échapper à la sanction que les électrices et électeurs s’apprêtent à lui infliger parce que le nouveau monde n’est jamais arrivé. Il s’agit bien d’une action politique en trompe l’œil, visant à montrer des images pour créer des espoirs qui, malheureusement, ne sont que des images virtuelles cachant un mur délabré, dont les fondations sont de plus en plus fragilisées.»

J.D.