Thierry, bipolaire, se livre face à la caméra

Dans le cadre des semaines d’information sur la santé mentale un documentaire, réalisé à Châteauroux, sera projeté jeudi prochain au Cinémovida.

Depuis lundi à Châteauroux, les expositions comme celle du pôle psychiatrie du centre hospitalier ou de l’atelier Passerelle, rue de Champagne rencontrent déjà leur public. A la pension de famille Soliha du quartier des Nations à Châteauroux, Olivier Latissiere est un hôte féru de créations audiovisuelles.
Avec ses résidents l’an passé il avait réalisé des courts-métrages et la diffusion à l’Apollo fut un succès. “ Lors de la réunion de bilan s’est dessinée l’envie pour l’édition 2017 de co-réaliser un documentaire original ” explique l’encadrant.
Le film de 40 minutes actuellement en montage se propose de faire le portrait de Thierry, un résident dont la pathologie depuis l’enfance a souvent troublé les responsabilités dans le parcours professionnel avant de trouver un nom et un cadre. Toutes les informations utiles seront dans le film, mais il ne sera pas en tant que tel une promotion plate pour la structure Soliha. Sur près de 400 résidences de ce type en France l’exemple de ce travail documentaire castelroussin est aujourd’hui unique.
“ On y voit souvent les autres résidents des Nations, mais nous avons tourné en ville et même à Saint-Palais ” précise Thierry véritablement enthousiaste sur le projet. Par le passé, il jouait dans des saynètes amateures et appréciait l’initiation aux outils vidéo.
“ Le film évoquera la bipolarité et le travail en prenant la forme d’une déambulation. Nous souhaitions un portrait subjectif à l’approche intime. C’est la trace d’un parcours de vie singulier plus qu’un film sur la pathologie. Thierry a tenu à ce que la poésie soit présente, il aime la musique, il pratique notamment le théâtre au Haut-Cluzeau » ajoute Olivier Latissiere au sujet du travail avec son binôme sur ce film désormais intitulé « Chacun tout le monde ».
Acteur référent de l’économie sociale depuis 30 ans, l’entreprise prestataire Soliha loge dignement les personnes les plus fragiles ou vulnérables et leur propose des activités.
Dans cette association comme lors de ces journées d’information sur la santé mentale se confirme la place de l’art dans la revalorisation et l’estime des personnes. Par l’écriture, la peinture, les collages, la scénographie...
« Ma bipolarité m’a révélé ce goût artistique, ce talent pour la musique, elle m’a aussi empêché de les concrétiser plus tôt ” reconnaît le résident qui pour la première fois avec ce film pourra parler du fond de son sentiment sans être interrompu !
“ Thierry est un solitaire qui n’a pas peur d’animer un groupe, il est d’un naturel épatant et nous illustrons ces paradoxes à l’image. Il faut garder la vie et la spontanéité des scènes. Ailleurs, un autre jour, le film aurait été différent sur sa forme, probablement pas sur son fond ” conclut Olivier Latissiere visiblement séduit par cette co-réalisation qui sera diffusée au CinéMovida le jeudi 23 mars à 20 h 30 en présence du docteur Furtos, psychiatre.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.