A la recherche des origines de Châteauroux

Matthieu Munos, archéologue à l’Inrap, l’institut de fouilles préventives, présentait mardi une conférence pour défendre l’hypothèse selon laquelle le promontoire de Châteauroux aurait été habité avant que fut ériger le château Raoul.

Le plateau surplombant l’Indre, cœur historique de la ville de Châteauroux, a-t-il abrité une population gallo-romaine avant d’être choisi par Raoul le Large pour être l’emplacement de son futur château ? C’est la question que Matthieu Munos, archéologue de l’Inrap, Institut national de recherches archéologiques préventives, se pose depuis plusieurs années et a voulu évoquer lors d’une conférence organisée mardi par l’Académie du Centre.
En charge du secteur de l’Indre, ce natif de Châteauroux en est venu à s’interroger après avoir longuement travaillé sur les fouilles préventives de la zone d’Ozans. « Ces 30, 40 dernières années, avec les grands projets d'aménagements autour de l’agglomération de Châteauroux, à Déols, étrechet... on a accumulé pas mal d’informations archéologiques et je voulais qu’il y ait retour sur cette somme d’informations auprès de la population. » Petit à petit, en avançant de proche en proche, une nouvelle carte et une histoire enrichie se dessinent. Elle aurait pris racine bien avant l’arrivée de Raoul le Large en 937.« A Saint-Christophe, mes collègues ont trouvé plus de 70 tessons antiques. Je ne peux pas dire ce qui se trouvait à cet endroit, mais il y avait certainement une occupation antique. »
Peut-être un oppidum
L’idée d’un peuplement ancien est de plus en plus certaine, mais maintenant, l’archéologue se pose  la question de sa nature. « Je formule une hypothèse de travail, à vérifier. César parle dans sa description du pays biturige de quinze oppidums, on en connaît treize. Pour moi, on a probablement un site d’oppidum sur l’éperon rocheux sur lequel se développe la première ville médiévale qui deviendra Châteauroux. » Il serait donc question d’une véritable agglomération gauloise, fortifiée.
Pour Gérard Coulon, historien, archéologue et ancien conservateur  du musée d’Argentomagus, présent lors de cette conférence, cette hypothèse est tout à fait vraisemblable. « Reste à la démontrer, mais quand on voit l’environnement, une vallée, une plaine, une seule zone élevée, et étant donné l’occupation des lieux à l’époque, il ne serait pas étonnant que ce promontoire fut habité. Ce qui pourrait en attester, ce serait de trouver les preuves de la présence d’un ancien guet, en contre-bas, qu’il aurait fallu surveiller. » Des éléments aujourd’hui difficiles à détecter.
Matthieu Munos a maintenant en projet de monter un programme collectif de recherche qui associerait l’Inrap, le CNRS, l’ONF, les universités... dans le but de soutenir la création d’équipes de recherche sur différentes thématiques liées au passé de Châteauroux. Sa mise en place adviendrait en 2018, ainsi que les premières recherches de financements publics. « J’aimerais que l’on puisse éclairer l’histoire de cette ville, car je pense, très honnêtement, qu’elle n’a pas à rougir de son passé. »
Morgane Thimel

* Centre national de la recherche scientifique, Office national des forêts

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