Barilla, au goût de la Macronie

En visite hier dans le département pour faire œuvre de pédagogie sur l’action gouvernementale, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, s’est rendu à Montierchaume dans l’usine Barilla-Harry’s pour évoquer les suites des assises de l’agriculture et de l’alimentation, dont l’industriel italien espère lui aussi beaucoup.

L’usine castelroussine Barilla est un mastodonte de l’agro-industrie française (60 % de la production Harry’s vendue dans l’hexagone, plus gros site de boulangerie emballée d’Europe,  65 000 tonnes de pains et viennoiseries produits par an), fleuron d’un groupe affichant des objectifs élevés en termes de responsabilité sociétale. C’était donc le lieu de rendez-vous idéal pour parler de l’évolution de l’agro-industrie voulue par le gouvernement.
Découverte des process et des techniques, des machines récemment acquises et des investissements réalisés ces dernières années, le ministre a pu profiter d’une visite complète des installations de Montierchaume (150 000 m2 de surface dont 35 000 m2 dédiés à la production).
« Le but de ma visite est d’illustrer ce qu’on fait avec les Etats généraux et d’aller voir les entreprises qui font ce que nous en attendons, indique le ministre. Il s’agit notamment de répondre aux difficulté rencontrées par les industriels comme Barilla qui valorisent l’environnement par l’innovation et la recherche constante de produits de meilleur qualité. Ils peinent pourtant à transmettre leurs valeurs dans les négociations avec les distributeurs. D’autre part, il faut amélioré la rémunération des agriculteurs. C’est la question de la répartition des richesses créées. »
Une vision partagée par le groupe industriel dont Miloud Benaouda, président Barilla Europe de l’ouest, se veut le porte-parole. « Notre entreprise a été impressionnée par la démarche des Etats généraux », assure-t-il. Cette démarche se rapproche de la culture d’entreprise affichée ces dernières années par le leader agro-industriel italien : limiter les produits chimiques dans les recettes pour proposer des produits les plus sains possible, en valorisant les filières locales. Pour 2018 d’ailleurs, le groupe lance plusieurs gammes misant sur la qualité nutritionnelle : des pain sans sucre ajouté et des pains bio. Le groupe s’apprête également à mettre en place une filière française du blé d’ici l’été. « Le but est d’associé l’ensemble des acteurs pour garantir une meilleure rémunération des agriculteurs », souligne Miloud Benaouda.
Le groupe prépare également un partenariat avec Terracycle pour développer un programme de recyclage des emballages.