« Il est nécessaire de changer les modes de production et de consommation »

Interview : Hervé Bramy, responsable national PCF

Responsable à l’écologie, Hervé Bramy exprimera les positions du PCF lors du débat prévu samedi à Châteauroux : « Quelles productions agricoles et  industrielles ? Quelles énergies ? ». Convaincu qu’une autre société est possible, il milite pour un écommunisme et prône une révolution des modes de production et de consommation.

L’écho : Quel lien peut-on faire entre écologie et lutte des classes ?

Hervé Bramy : Il n’y a pas de domaine qui échappe à la lutte des classes. Les inégalités environnementales sont conjointes aux inégalités sociales. Par exemple, on remplace moins facilement son véhicule par un neuf moins polluant quand on n’a pas d’argent. On peine également à changer son frigo pour un modèle répondant aux dernières normes environnementales et on ne peut pas non plus rénover thermiquement son logement.

Samedi lors du débat, quels sujets souhaitez vous aborder ?

Je vais exprimer les positions du PCF : défense de la biodiversité, de l’agro-écologie, de l’agriculture bio, de tous les pollinisateurs,... D’ailleurs, le PCF est du côté des agriculteurs et des apiculteurs contre tous les pesticides. Notre position est d’être considéré comme des écologistes à part entière, avec notre singularité. On n’est pas contre la production mais pour une autre production, plus respectueuse de l’homme et de la nature. Nous sommes pour l’écommunisme.

Et quel est selon vous la voie à suivre en matière énergétique ?

Il faut tendre vers un mixte énergétique des énergies renouvelables et du nucléaire. Chaque énergie a ses avantages et ses inconvénients mais on ne peut pas se passer du nucléaire si on veut limiter la hausse de la température à 2°C d’ici 2050. Sinon, c’est plutôt vers 3°C qu’on ira. D’autre part, l’inconvénient des énergies renouvelables, c’est leur intermittence. Les centrales thermiques sont donc nécessaires comme de trouver un système de captation des gazs à effet de serre. Tant qu’on n’aura pas résolu la question du stockage, on ne pourra pas se passer des centrales thermiques. Il faut développer les énergies renouvelables mais il ne faut pas être démago. A l’heure actuelle, on utilise à 80% les énergies fossiles pour nos besoins quotidiens (transport, logement, chauffage,...). Il faut changer les modes de production mais aussi les modes de consommation.

« J’agis pour la planète, un nouvel élan pour l’humanité », débat et concert, samedi 9 juin, salle Alexandre Dumas à Châteauroux - gratuit.