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La colère gagne la rue

Trois rassemblements contre la politique du gouvernement étaient organisés hier dans l’Indre à l’appel des syndicats. A Châteauroux, entre 950 et 1 500 personnes ont défilé dans les rues. Après la lutte des cheminots, cette nouvelle séquence de contestation sociale s’annonce longue et compliquée pour l'exécutif.

Hier matin, l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef et UNL) avait appelé à un rassemblement interprofessionnel contre la politique gouvernementale.
A Châteauroux, 900 (police) à 1 500 personnes (syndicats) ont répondu présent. La dernière manifestation d’ampleur datait du 28 juin dernier, une mobilisation estampillée CGT-FO pour la défense du statut des cheminots. Hier, la contestation était plus large, brassant des étudiants aux retraités. « Dans les entreprises, le mécontentement est réel et bien ancré », assure Florent Garcia, le secrétaire départemental FO. « C’est le pire de tous les présidents », confiait ainsi une manifestante à sa voisine de cortège.
hausse des taxes et de la CSG, 80 km/h, ISF,...
Au milieu des drapeaux et des pancartes, certains arboraient leurs tenues de travail. Une quinzaine de salariés de Lisi Aérospace, une entreprise de sous-traitance aérospatiale basée au Péchereau, marchaient par exemple regroupés. Leurs griefs ciblaient les dernières mesures gouvernementales : hausse des taxes sur le pétrole et les énergies, sur le tabac, passage au 80 km/h sur les routes, suppression ISF,.... « On perd les acquis sociaux un par un, dénonce Stéphane Jarreau, membre du CE. Maintenant, Macron veut privatiser la Sécurité sociale. Il faut réagir. » Son collègue Philippe Abadie, délégué du personnel, partage le même constat. « Malheureusement ce matin, nous sommes seulement une quinzaine sur un effectif de 414 personnes. Beaucoup sont en grève mais n’ont pas pu venir. »
Derrière, quelques agents EDF agitaient leurs drapeaux. Ils étaient une vingtaine disséminés dans la manifestation, actifs et retraités. « On est plus nombreux à être mobilisés, pratiquement tous les agents de l’Indre, mais tout le monde n’a pas pu être là », explique l’un des électriciens. En juin, une mobilisation nationale avait permis de mettre fin à un projet de réorganisation des astreintes. « On se prépare à une longue lutte donc comme pour la dernière fois, on s’organise en relais, continue-t-il. On se préserve pour un plus grand mouvement. L’important, c’est qu’on ait tous le même son de cloche pour pas partir dans tous les sens. »
Jeune retraitée depuis le 1er octobre, Sylvie marchait aux côtés des actifs. Aide-soignante en Ehpad, elle a vu les conditions de travail et d’accueil se dégrader au fil des années. « Dans les Ehpad, on ne va pas dans le mur. On est déjà dans le mur ! Je suis contente d’être en retraite mais je m’inquiète pour les collègues. »
Fabrice et Philippe sont salariés de Sogefi, l’ex-entreprise Mark IV, spécialisée dans la sous-traitance automobile et installée dans la zone industrielle castelroussine. « On a lancé le mouvement auprès des salariés, indique Fabrice. Au fur et à mesure des annonces, les gens vont se mobiliser. » Pour Phillipe, la stratégie économique actuelle vise la disparition de l’industrie européenne. « Elle est vouée à disparaître. Les gens doivent se mobiliser pour garder leur emploi. Les jeunes ont compris et se réorientent dans les services mais nous, on est une génération sacrifiée. » L’an dernier, les salariés s’étaient mobilisés en masse pour sauver leur usine, menacée de délocalisation. « La lutte a permis de maintenir le site ouvert mais on sait que le combat est difficile. Il y a le chantage au dumping social. Les salariés de l’industrie doivent se mobiliser car il n’y aura pas de solution de rechange. »
Présent dans le cortège, Dominique Boué, le secrétaire départemental du PCF, constate « un fonds de contestation » face à la politique gouvernementale, malheureusement encore trop dispersé. « Le niveau de vie des gens est en baisse car il faut payer de plus en plus. Il faut développer l’unité dans le mouvement social comme politique. Face au système capitaliste qui détruit tout, la clé est de mettre des morceaux de communisme dans la société. »