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L’industrie se gave pendant que les familles se serrent la ceinture

Pour la douzième année consécutive, l’association Familles rurales publie les conclusions de son observatoire des prix de produits de grande consommation. 2018 est une année record : jamais le prix du panier moyen n’a été aussi élevé.

Menée sur toute la France, l’enquête des Familles rurales a été réalisée de janvier à novembre 2018 dans 82 magasins (hypermarchés, supermarchés et hard-discounts) par une équipe de 70 veilleurs consommateurs (4 dans l’Indre) sur 35 départements. À chaque fois, pour treize familles de produits, ils ont relevé trois gammes de prix* : les marques nationales, les marques distributeurs et les premiers prix, en conventionnel et bio.
Les conclusions sont sans appel. L’association constate que « 2018 est une année record » avec un prix moyen du panier qui n’a jamais été aussi élevé : 139,50 euros, soit une hausse de 2,6 % par rapport à 2017, « plus que l’inflation ou que le SMIC ». Sur dix ans, la hausse des prix est de 7,6 %.
Bien que globale, cette hausse connaît cependant des disparités locales. Par exemple, faire ses courses dans l’ouest de la France est 10 % moins cher qu’en Île-de-France. Les territoires les plus onéreux restent sans conteste ceux d’outre-mer, avec un prix moyen du panier à 231,8 euros, soit 66% plus cher qu’en métropole.
« Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, les prix ont le plus augmenté dans le hard discount, souligne Michelle Ricaud, la présidente des Familles rurales de l’Indre. C’est difficile pour les familles car ce sont les prix les plus bas qui augmentent le plus, même si tout augmente. Faire ses courses, c’est parfois une occupation à plein temps pour tenir le budget familial. Notre rôle est donc d’aider les familles à gérer leur budget et leur apprendre à acheter en fonction des besoins. »
L’association mène notamment des actions de prévention et propose des ateliers cuisine. « On incite les gens à faire la cuisine eux-mêmes. C’est moins cher et on sait ce qu’il y a dedans. » 70 ateliers nutrition sont organisés chaque année avec des interventions de diététiciennes en parallèle. « On propose aussi des ateliers lecture d’emballages, ajoute Carla Gulon, chargée de mission prévention et éducation. On regarde par exemple la quantité d’eau présente dans le beurre. On conseille de manière générale de comparer les prix pour être acteur de sa consommation. »
Après les produits de grande consommation, l’association a également présenté hier le bilan de son observatoire des médicaments en vente libre, une autorisation accordée il y a dix ans. Les promesses d’alors n’ont pas été tenues. L’association constate que «  le gouvernement n’a pas réussi le pari d’offrir des prix publics concurrentiels et d’améliorer le pouvoir d’achat des citoyens. » D’autre part, l’ouverture en 2013 de la vente en ligne n’a fait que « renforcer la jungle tarifaire ». Sur les douze médicaments les plus vendus, l’association constate une hausse de 9 % en dix ans. D’autre part, le prix est parfois doublé entre deux pharmacies distantes de quelques kilomètres. Des écarts importants ont notamment été constatés dans les pharmacies de Châteauroux. Enfin, 75 % des boîtes sont dépourvues d’étiquettes et plus de 50 % des médicaments en libre service se trouvent toujours derrière le comptoir.

* Les treize catégories de produit : eaux, boissons chaudes, desserts, produits laitiers et œufs, surgelés, produits pour bébés, aliments pour animaux, biscuits et confiseries chocolatées, jus de fruits, confiture et pâte à tartiner, petits-déjeuners, lessives et produits d’entretien, hygiène corporelle. Enquêtes disponibles sur www.famillesrurales.org

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