Moscovici veut Macron dans les clous des 3 %

EUROPE. Le commissaire européen appelle Emmanuel Macron à sortir son pays de la procédure de déficit excessif au sein de l’Union européenne.

AUSTÉRITÉ
Alors que Martin Schultz, ancien président socialiste du Parlement européen, était en visite en France pour célébrer la fête de l’Europe, le commissaire européen Pierre Moscovici était également présent dans l’hexagone pour donner quelques conseils, à ses amis socialistes en pleine débandade mais également au nouveau président de la république.
« J’ai la conviction que la France peut et doit sortir maintenant de la procédure de déficit excessif » de la Commission européenne a ainsi affirmé Pierre Moscovici. « Nous avons toutes les raisons de penser que l’objectif de passer en dessous de 3%, de respecter les critères, est tout à fait tenable » a-t-il également assuré, rappelant que la Commission européenne attend un déficit de 2,9% pour la France cette année, mais de 3,1% pour 2018.
« La France a un effort très minime à faire » pour se maintenir sous la barre de 3% en 2018, a voulu plaider le commissaire qui s’attend à ce que M. Macron « tienne ses engagements de campagne » de respecter les critères européens. La veille, le président
de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait déjà appelé Emmanuel Macron à réduire la dépense publique en France une fois au pouvoir, jugeant que son niveau actuel n’était pas tenable à terme.
Ces propos surviennent alors que la Commission doit publier jeudi ses prévisions économiques de printemps pour les pays de l’UE, suivies le 17 mai de recommandations. Or la France est sous pression pour respecter enfin la règle européenne, selon
laquelle les déficits publics doivent être en dessous des 3% du PIB. Mais... le président élu français a prévu dans son programme une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros en cinq ans, passant entre autres par la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires.
Et celui qui est socialiste d’en profiter pour rendre un dernier hommage à François Hollande sous lequel il a été ministre. « L’économie française (...) est en meilleure forme aujourd’hui qu’il y a cinq ans », a observé Pierre Moscovici sur CNews, jugeant que la croissance était désormais « solidement installée » dans l’Hexagone. « Il y a cinq ans, quand François Hollande fut élu, l’économie française était sur une pente baissière : recul du climat des affaires, hausse du nombre de chômeurs, atonie du crédit bancaire », veulent confirmer les économistes d’Oddo Securities dans une note.
Le commissaire européen Pierre Moscovici a enfin saisi l’événement pour appeler l’Union européenne à s’adresser « aux perdants de la mondialisation », après le « message d’alerte » de l’élection présidentielle où le Front national a obtenu près de 11 millions de voix.
« Nous devons entendre le désarroi, la peur, la colère de ceux qui ont voté pour le FN, ceux qui se sont abstenus ou qui ont déposé un bulletin blanc ou nul », a affirmé M. Moscovici.
« Ce message vaut pour le président élu (Emmanuel Macron), il vaut aussi pour l’Europe », a-t-il ajouté.
« L’Europe doit s’adresser à ceux qui se sentent perdants dans la mondialisation, ou laissés pour compte, autant et plus qu’à ceux qui sont dans le grand vent de la mondialisation et qui s’y sentent à l’aise », a souligné le commissaire avant de conclure : « ce message est un message d’alerte : il y a une insatisfaction à l’égard de l’Europe qui reste puissant », a constaté le commissaire, qui s’est réjoui qu’un pro-européen l’ait emporté dimanche.
Avec AFP

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