Macron s’abaisse à la diversion humanitaire

ANTILLES

Alors que la colère des travailleurs secouait la rue en métropole, Emmanuel Macron s’en est allé au chevet... des Antilles. Un calcul politique aussi cynique qu’inefficace.
A l’heure où les premiers cortèges s’ébranlaient sur le pavé des grandes villes de province, le président de la République atterrissait à Saint-Martin, où il a rencontré des sinistrés de l’ouragan, avant de se rendre à Saint-Barthélemy. « Le retour à la normale est la priorité absolue », avait auparavant lancé le chef de l’État depuis le tarmac de l’aéroport de Pointe-à-Pitre, accompagné des ministres des Outre-mer, de l’Éducation, et de la Santé. Il a évoqué un bilan revu à la hausse de « onze morts » et « plusieurs blessés et disparus » après le passage d’Irma.
Tournant sans ambages le dos à la contestation métropolitaine pour mieux lui opposer la détresse d’outre-mer, le chef de l’État a pourtant du faire face, là aussi, à la colère des habitants des deux îles peu amènes quant à l’action du gouvernement depuis la catastrophe. « On est restés quatre, cinq jours sans aide, à se défendre tout seuls contre des gens armés », a fulminé Fabrice, propriétaire de restaurant vivant à Saint-Martin depuis 15 ans en évoquant les pillages. « La gestion de l’Etat français ? Je suis vraiment désolé, mais zéro. On n’a pas du tout été soutenus », a-t-il estimé.
« Union nationale »
M. Macron a assuré que son équipe « a répondu dès que l’information a été donnée, donc plusieurs jours avant, et constamment tout au long de cette crise » et appelé à l’« union nationale ». Et s’il s’est dit « favorable » à une commission d’enquête parlementaire
pour juger l’action du gouvernement, il précisera « mais au bon moment ». Emmanuel Macron a également annoncé le retour de l’ordre public et de la distribution d’eau potable sur le territoire « à partir du 20 ». Il a également promis que « d’ici la fin de semaine dans tous les points sensibles » l’électricité serait restaurée.
Enfin concernant les écoles, le chef de l’État a souhaité que certaines ouvrent « dès la semaine prochaine, même pour quelques heures ». Des « tentes gonflables » seront livrées pour assurer des cours. Et vise un retour à la normale « d’ici à la Toussaint ».
En métropole, cela risque d’être un peu plus long. Avec AFP

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