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Plus d’euro, plus d’Europe, plus de pouvoir

COMMISSION EUROPÉENNE. Dans son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker fait mine d’avoir compris les leçons de la crise pour mieux repartir sur les mêmes fondements. L’Europe sociale, ce n’est pas pour demain.

STRASBOURG
Le moins qu’on puisse dire est que Jean-Claude Juncker, présidente de la Commission européenne, a repris du poil de la bête. Hier, il a assuré son « discours sur l’état de l’union » au Parlement européen et ce millésime 2017 n’a rien à voir avec les crus 2016 et 2015. Coincé entre l’enlisement économique, la crise des migrants, l’urticaire provoqué par Tafta, le Brexit qui se dessinait, l’extrême droite qui montait partout en Europe...
cet europhile de droite avait dû concéder que le projet européen avait du plomb dans l’aile et même parlé de « crise existentielle ». Depuis le Brexit est passé et Theresa May s’empêtre dans ces contradictions, les postulants à l’asile politique sont cantonnés derrière les frontières turques et libyennes et leur pression est moins évidente, le berceau de contestation athénienne a été mis au pas et les tenants d’une Europe plus sociale ne sont pas arrivés au pouvoir en France. Hier, l’heure était au lyrisme : « vent favorable », « vent en poupe », « larguons les amarres » etc. Vers quoi ?
Au malaise des citoyens qui se sont sentis floués par une réalisation européenne libérale, excluante, seulement articulée autour du commerce et de l’argent…
Jean-Claude Juncker propose en substance : plus d’Europe, plus d’euro et plus de pouvoir à Bruxelles. Parmi ses nouvelles propositions qui reposent toutes sur les traités actuels – des modifications, « ce ne sont pas les réponses attendues » décrète-t-il – il veut que l’Europe s’élargisse à l’ensemble des pays des Balkans avec une phrase très ferme à l’encontre de la Turquie – « libérez les journalistes et pas seulement nos journalistes, arrêtez d’insulter nos états membres et nos chefs de gouvernement ». Mais aussi que tous les pays de l’UE en mesure de le faire adopte l’euro, que cette immense zone euro soit dotée d’un budget « conséquent », que de nouveaux traités commerciaux – type Ceta dont il se félicite – soient signés avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qu’il y ait un ministre des Finances et de l’Economie histoire de couper l’herbe sous le pied des gouvernants ayant l’idée de s’affranchir des 3 % de déficit.
« L’Otan y est favorable »
Sans oublier enfin la proposition d’un super président fusionnant les jobs de président de la commission et du conseil. En filigrane l’idée que le projet européen n’est pas contesté parce que trop libéral mais parce qu’incompris. Jean-Claude Juncker plaide enfin pour une Europe de la défense avec plus d’argent, de capacité opérationnelle etc... avec, ô argument fatal, la précision que « l’Otan y est favorable ».
Bien sûr, le tout est enrobé dans de jolis discours. Si le commerce est primordial, c’est parce que c’est « l’exportation de nos normes sociales et environnementales ». Si de nouveaux traités doivent être signés, ils seront « négociés dans la plus parfaite transparence
». S’il n’a jamais répondu aux appels à l’aide de l’Italie pour faire face au flux de migrants, il lui accorde aujourd’hui le statut de « sauveur de l’honneur de l’Europe ». Il va même jusqu’à tancer l’industrie automobile et ses mensonges lors du dieselgate mais ne dit rien sur le glyphosate. Il parle aussi de travailleurs, de droits sociaux, d’Europe qui protège et propose une « autorité commune du travail » et de la mise en place d’un « socle européen des droits sociaux ». Mais la toile de fond est celle d’un discours qui s’enorgueillit d’un redémarrage économique, d’un « taux d’emploi en Europe plus élevé qu’il ne le fut jamais » sans jamais un mot sur la précarité de ces emplois et l’augmentation de la pauvreté.
Dans ce vaste ensemble on repère évidemment quelques propositions portées par Emmanuel Macron comme la création d’un ministre de l’Economie et des Finances de la zone euro. En revanche, le président de la commission européenne se désolidarise totalement
des idées de Parlement de la zone euro – « je n’ai pas de sympathie pour [cette] idée » – ou d’Europe à plusieurs vitesses.
Probablement pas dupe du fait que les questions de fond n’ont pas été réglées, Jean-Claude Juncker reconnaît que l’éclaircie pourrait être de courte durée et que les mêmes causes provoquant les mêmes effets, la contestation pourrait ressurgir. Aussi veut-il agir vite, « maintenant qu’il fait beau, et tant qu’il fait encore beau. Parce que, quand les prochains nuages se formeront à l’horizon, et ils se formeront, il aura été trop tard ».Angélique Schaller

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