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« L’évasion fiscale, pas à la marge mais au centre des économies »

LISON REHBINDER. Coordinatrice de la plateforme paradis fiscaux et judiciaires, elle commente les premières annonces autour du nouveau scandale des Paradise Papers.

ENTRETIEN
Chargée de plaidoyer Financement du développement au CCFD-Terre Solidaire, Lison Rehbinder est également coordinatrice de la plateforme paradis fiscaux et judiciaires.
Que vous inspire ces nouvelles révélations ?
Elles font suite à des fuites de documents qui sont beaucoup plus importantes que celle du Panama papers puisqu’on annonce quelque 13,5 millions de documents analysés par le consortium de journalistes de l’ICSJ. Leur particularité est qu’ils semblent montrer que l’évasion fiscale n’est pas une pratique à la marge mais au centre des économies et qu’elle est utilisée massivement. On annonce aussi des révélations sur l’usage des paradis fiscaux par les multinationales et quelques particuliers fortunés.
Les premiers articles affirment aussi qu’une analyse fine des pertes pour les états pourrait être réalisée ?
Nous sommes dans un système opaque qui rend difficile les chiffres précis, la raison pour laquelle de nombreuses ONG notamment, demandent de la transparence sur les sociétés écrans. Les estimations diffusées jusqu’ici, par les ONG mais aussi la représentation parlementaire [notamment le rapport du sénateur communiste Eric Bocquet] tablent, pour la France, sur une somme de 60 à 80 milliards d’euros par an. Dès lors, les 20 milliards annoncés pour la France nous semblent plutôt faibles mais nous n’avons pas encore eu accès à l’analyse y conduisant.
Des premiers noms sont sortis : reine d’Angleterre, collaborateurs de Donald Trump ou de Justin Trudeau... que disent ces premiers cas ?
Dans le cas du proche de Donald Trump, il s’agit de masquer une activité qui est potentiellement en conflit d’intérêt avec son activité dans le gouvernement. Pour le proche du Premier ministre canadien, la structure opaque permettrait de ne pas déclarer l’impôt. Pour Elisabeth II, c’est un peu différent puisqu’il serait révélé que via un duché, elle aurait investi dans des fonds qui financeraient notamment une entreprise très critiquée en Grande-Bretagne car accusée de faire de l’argent sur des personnes vulnérables en leur vendant de l’électroménager avec des prêts dont les taux flirtent avec les 100%.
Sont également annoncées des révélations sur les registres commerciaux de 19 paradis fiscaux. Qu’est-ce à dire ?
Une demande récurrente de la lutte contre l’évasion fiscale est la publication de la liste des propriétaires réels des entreprises dans les paradis fiscaux. Là, on va voir qui opère vraiment. C’est d’ailleurs ce qui est impressionnant dans les Paradise Papers : ce qui est annoncé.
Qu’ont permis les précédents scandales dans la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale ?
Ces luttes bénéficient énormément de ces scandales. Il y a 10 ou 15 ans, il était très difficile d’en parler. Aujourd’hui, à chaque nouveau scandale, il y a une réponse politique forte. Ceci dit, il y a une certaine distance entre les annonces et la réalité. Nous avons ainsi en France, très peu d’informations sur les enquêtes et les poursuites annoncées dans la foulée des Panama Papers.
La question centrale reste celle de l’impôt ?
Oui car ce dossier semble montrer que, au-delà de la fraude, des multinationales ou des particuliers très riches, restent
dans les clous mais cherchent
les failles de loi souvent très anciennes. S’ils respectent la loi, ils n’en respectent pas l’esprit
et, au final, le résultat est le même : on prive les Etats de ressources
très importantes tandis que le reste de la population sur qui revient la charge fiscale doit aussi subir des politiques d’austérité
avec une baisse des services
publics. Or, l’impôt sert à cela, à financer les services publics.
C’est même un élément fondateur
du contrat social.
Angélique Schaller

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