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11:02 hélas ne pourra pas lui rendre hommage

«Cerurbis» : la céramique à l’assaut de l’espace urbain

Jusqu’au 21 décembre, la Ville de Limoges présente à la galerie des Hospices l’exposition itinérante du programme européen Cerurbis, observatoire céramique de l’espace urbain. Où designers, industriels et urbanistes réinventent la ville de demain.

Sortir la céramique de la table... Projet de recherche européen réunissant la France, le Portugal et l’Espagne, Cerurbis a pour principal objectif de promouvoir et d’encourager l’usage de la céramique dans les espaces urbains, grâce aux actions conjointes des clusters céramique de l’Espace Sud-Ouest européen, en dotant la céramique de technologies avancées pour une meilleure utilisation et mise en valeur de ce matériau.

En trois partie, l’exposition présentée par les services de l’urbanisme de la Ville de Limoges, porteur du projet lancé il y a dix-huit mois, présente à la fois des réalisations «singulières» en céramique sur l’espace public, des objets et matériaux céramiques déjà commercialisés dans chaque pays membre du programme, ainsi que les prototypes céramiques développés dans le cadre de Cerurbis.

«Cette exposition entérine une année et demi de travail entre la France, l’Espagne et le Portugal vers de nouvelles pistes de développement de la céramique particulièrement liées à l’espace public. Nous avons essayé d’élargir le champ de l’excellence privilégié dans le cadre du programme précédent, Urbacer, en sollicitant des entreprises du secteur industriel ou de la recherche qui ont une vision un peu décomplexée de la céramique, en mariant le traditionnel à l’avant-garde» explique Christophe Mathieu, responsable du service développement urbain de la Ville de Limoges.

Innovation

L’exposition présente notamment Keraviva, revêtement céramique pour le béton préfabriqué, selon une technologie de projection thermique industrielle brevetée par Imerys Ceramics, centre de recherche basé à Ester Technopole. Ainsi que des pavements et revêtements céramique photo-catalytique destinés aux zones humides  (fontaines, piscines) pour prévenir la prolifération des bactéries.

«Le programme Cerurbis a également permis de développer des pavements et pièces en céramique photoluminescents permettant de jalonner des itinéraires historiques, à l’image de la coquille de Saint-Jacques de Compostelle» poursuit Christophe Mathieu. Des éléments susceptibles, à terme, d’être insérés au cœur de la ville.

Responsable de l’agence Formare Design, basée à Saint-Priest-Taurion, le designer Régis Courtoux y présente une plaque de rue en bleu de four et une série de potelets fabriqués par les Porcelaines Mérigous Limoges, ainsi qu’un ensemble banc et assises en bois et céramique, réalisée par les porcelaines Pierre Arquié. «Si le dessin découle forcément d’une réflexion adaptée au matériau porcelaine, le cahier des charges n’est pas forcément plus contraignant  que sur d’autres types de réalisations. Le seul impératif, c’est de produire des objets qui vont bien s’insérer dans l’environnement tant du point de vue esthétique que fonctionnel, avec l’objectif de donner, dans la rue, une visibilité au matériau porcelaine. Et sans omettre d’inscrire dans ces créations, la dimension économique. L’idée est bien d’être en capacité de  produire pour décrocher des marchés intéressants voire proposer des alternatives aux marchés traditionnels». Esthétique et pérennité ne sont pas les seuls arguments de la céramique pour convaincre les marchés. Les têtes de potelets en porcelaine imaginés par Régis Courtoux, répondent ainsi aux normes de délimitation de l’espace urbain notamment pour les personnes malvoyantes.

Jean-Michel Héraud, responsable de la société MIC Signaloc (63), et représentant du club Primium, diffuseur de mobilier urbain sur le territoire national, mène quant à lui une veille sur les produits et matériaux novateurs dans le paysage du mobilier urbain. «Si quelques années seront nécessaires pour juger le retour sur investissement, la céramique a incontestablement un potentiel de développement dans ce domaine, du fait de sa pérennité, mais aussi de sa dimension patrimoniale.

L’exposition est visible à la galerie des Hospices, de 10h30 à 19h, jusqu’au 21 décembre.

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