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La mort d’Abdel comme un électrochoc

Environ 170 personnes se sont retrouvées mercredi soir à la Bastide, rue Emile-Zola à Limoges, pour rendre un dernier hommage au jeune Abdel, tué à 17ans, le 28 juin dernier, par un garçon du même âge.
Organisée par l’association EVE (Entraide et vivre ensemble), la marche blanche est partie à 19 h de la rue Emile-Zola, après une cérémonie religieuse empreinte de recueillement et de vœux de tolérance et de paix pour toutes les générations d’ici ou d’ailleurs. Unis dans une même peine et incompréhension autour de la famille d’Abdel, habitants du quartier, amis, proches, ont formé un cortège silencieux, où le blanc dominait, pour se rendre à la salle polyvalente de l’amicale laïque de la Bastide, quartier où s’est déroulé le drame et où vivent la mère et les frères et sœurs de la victime, mais aussi de l’auteur. Toujours dans une retenue pleine de dignité, la foule de tous ceux qui tenaient à assurer la famille de son soutien, parmi lesquels beaucoup d’adolescents du même âge qu’Abdel, ses amis du secteur, qui avaient du mal à contenir leurs larmes, a observé une minute de silence lourde d’émotion et de sanglots retenus.
Puis, Chantal Stievenard conseillère municipale a pris la parole pour dénoncer la violence qui s’installe insidieusement dans le quartier ces derniers temps : «Il est anormal qu’on attende un décès pour dire qu’on va prendre des mesures». Car il semble que depuis quelques mois, des armes sont apparues dans le quartier. Pour la représentante de la mairie, il est donc urgent de travailler tous ensemble pour retrouver une unité de vie que la peur a fait fuir. Une unité qui était d’ailleurs attestée par la salle, dans une diversité à la fois religieuse et générationnelle prouvant mieux que toutes les paroles que le vivre ensemble n’est pas une utopie, mais une réalité voulue par la population qui attend que les pouvoirs publics lui en donnent les moyens. La mort d’Abdel aura agi comme un électrochoc, et la dignité de la famille, qui dès le départ s’est engagée dans le chemin de l’apaisement plutôt que dans celui de la vengeance, mérite que les promesses soient suivies d’actes pour que jamais plus, un adolescent meure sous les tirs d’un autre adolescent.
Isabelle Vitté

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