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Un 1er mai convergent et réussi

Il y a bien sûr le contexte social du moment, le néo-libéralisme débridé du président des très riches et les élections européennes qui se profilent.

Mais hier, c’était d’abord la fête des travailleurs. «Les pendus de Chicago», rappelle Danièle. «Ce n’est pas, comme on l’entend parfois, la fête du travail, mais le combat pour acquérir de nouveaux droits et conserver ceux qui ont été acquis», embraye Gérard. C’est aussi l’expression de la solidarité de la classe ouvrière. Au-delà de ce symbole, il s’agit aujourd’hui de changer le système économique.» Dans le 1er mai, Francis voit «la nécessité de trouver des lieux de rassemblement pour exprimer son mécontentement. C’est un jour pour tous se rassembler et il y en a besoin.» Catherine y voit également l’occasion de s’opposer à un pouvoir «en train de s’attaquer aux services publics, aux 35 heures, aux retraites par répartition, ce que la gauche unie a défendu et acquis.» Et la gauche justement est bien au rendez-vous. Dans le cortège conduit par les organisations syndicales (CGT, FSU, UNSA, UNEF, CNT mais aussi CFDT, en fin de défilé), PCF, LFI, Hamonistes, PS, Lutte ouvrière sont bien là.

Les Gilets jaunes également ont fait le déplacement. «Aujourd’hui, c’est un rassemblement autour du partage, estime Jacques. Syndiqués ou pas, on se retrouve, nous le peuple, ceux qui veulent vivre dignement et pas seulement travailler pour survivre. Le monde saccagé qu’on laisse à nos enfants qui galèrent pour se trouver un 20 m2, ce n’est pas pour ça que se sont battus nos aïeuls. On sait qu’il y a de l’argent, c’est là qu’il faut taper. Quand on voit le peu d’inspecteurs des impôts pour traquer la fraude fiscale et que nous, on perd tous nos droits...»

«Amélioration du pouvoir d’achat par le revalorisation du SMIC et des salaires, des pensions de retraites et des minima sociaux, liste Arnaux, modernisation et développement des services publics.» Au-delà des drapeaux et des divergences marginales, Christian voit lui aussi dans la tradition du 1er mai «l’héritage de tous ceux qui ont lutté». «C’est le jour où on vient défendre les droits de tous les travailleurs, résume Thibaut. Et le peuple de gauche est bien là, avec les syndicats et en famille.» En ce jour où il est coutume de ne pas travailler, la manifestation limougeaude est en effet très familiale : toutes les générations et de nom-breux enfants sur les épaules de leurs parents, comme autant de vigies de la convergence sociale qui se dessine.

D’autres familles sont venues, celles des réfugiés de l’ex-CRDP. Un autre symbole de cette humanité qui souffre et ne demande qu’à vivre de son travail. Solidarité des travailleurs sans frontières, de Fourmies à Chicago, de Limoges à Khartoum qui réclament une tout autre politique, au service du plus grand nombre. Au service de l’humanité plutôt que de quelques intérêts particuliers dont l’avidité et l’inconscience prospère sur la misère des autres. Face au cyclone libéral, Philippe brandit l’idée du service public même s’il constate déjà les dégâts et l’orage à venir. «Mais assez de désespoir, aujourd’hui il fait beau» lâche-t-il en se tournant vers le renouveau du printemps social.

 

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