La troupe «Bat de l’aile» ou la culture en milieu rural

Ils sont moins de dix sur scène mais une trentaine dans les coulisses pour faire tourner les ailes du moulin : leur pari est de faire vivre le théâtre à la campagne.

Leur siège social, c’est à Meuzac, un petit village entre la Haute-Vienne et la Corrèze. Ils ont monté la compagnie « La troupe qui bat de  l’aile », il y a quelques années, et le 11 mars, ils présentaient la première de leur programme 2017. Au menu, deux pièces d’environ 60 minutes chacune, un spectacle de deux heures écrit, mis en scène et produit par eux-mêmes.
En première partie, pudiquement baptisée « Libérées d’entre ciel et terre », en réalité la tentative    d’évasion de deux pensionnaires d’une EPHAD (établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes, ou maison de retraite). Personnages principaux Lulu et Jackie, deux «vamps» empruntées à la télévision dont les rôles féminins caricaturés sont interprétés par Frédéric et Sébastien, les deux piliers de la troupe. Pour leur apporter la réplique Aurélie et Lindsay qui jouent les rôles de l’aide soignante et de l’infirmière. Cette première partie a beaucoup emprunté aux «Restos du cœur» dans le choix de la mise en scène, du décor et des costumes mais aussi du chant et de la musique... Et un des points forts de la soirée est sans doute le tour de chant de Lindsay, l’infirmière aussi à l’aise dans le répertoire de Céline Dion que de Jacques Brel, et c’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’on a atteint l’entracte.
Une salle des fêtes comble
A noter que la salle des fêtes locale avait fait le plein samedi après-midi et qu’elle affichait complet pour la deuxième séance du soir.  Un beau succès de la culture et du théâtre en milieu rural, surtout par cette journée ensoleillée qui incitait à la balade, et malgré la télé qui proposait le tournoi de rugby des 5 nations.
La deuxième partie du spectacle était encore plus ambitieuse. Elle était bilingue (langue limousine et français). « Bat de l’aile » est une troupe labellisée occitane, et ce   label « OC » est sans doute unique. Frédéric et Sébastien sont encore les piliers dans les rôles du cantonnier José (et là, on retrouve l’influence des municipaux » des Chevaliers du fiel)... Le cantonnier et son rotofil sont sans doute plus convaincants que le policier chanteur imprudemment baptisé Jean-Jacques Halliday. Pour la   réplique, une gendarmette jouée par Lindsay et une secrétaire du maire interprétée par Aurélie. Le thème « Le mystère de la statue » est l’enquête policière sur le vol d’une statue d’église au XVIIe siècle. L’idée est intéressante de mêler la langue limousine (celle du cantonnier et celle du policier chanteur) et la langue française (celle de la gendarmette et de la secrétaire). Il aurait sans doute fallu que les dialogues soient plus vraisemblables et pratiqués entre les locuteurs masculins (experts en langue limousine) en laissant aux locutrices féminines l’usage et la compréhension de la seule langue   française. Si Fred et Sébastien sont aussi percutants qu’ils l’avaient été en 1ère partie, Aurélie et Lin-dsay sont moins bien servies.     C’était aussi la 1ère séance de la tournée 2017, et on était en période de rodage. C’est sans aucun doute la mise en scène, et la bonne utilisation du dialogue bilingue qui devront être revues... mais répétons-le, l’ambition de promouvoir la culture théâtrale mais aussi la langue limousine est un pari audacieux. « Bat de l’aile » a bien joué dans le registre des « Restos du cœur », il ne reste plus qu’à mettre les « Chevalier » au diapason.
Jean-Marie Chalifour

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