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La 20eme édition de la Foire du livre a tenu son rang

Littérature

La 20ème édition de «Mille et une pages» soit la Foire du livre de Naves, s’est déroulée hier dans la salle du Pré Bourru. Cette année une  soixantaine d’auteurs de littérature générale et une dizaine d’auteurs jeunesse ont fait la joie de centaines de lecteurs. En cette année anniversaire, du bel âge de la jeunesse, la Foire du livre de Naves a tenu son rang : un mélange de qualité, de proximité et de convivialité au service de la littérature pour tous.
La manifestation a connu plusieurs temps avant son final dominical. Au mois de février, Christophe Léon, auteur jeunesse engagé sur des problématiques de société aura échangé avec des élèves à Tulle, Seilhac et Naves. «Ce qui est intéressant, c’est de nourrir le débat. En tant qu’intervenant extérieur je peux dire des choses que les profs ne peuvent pas dire. Avec les lycéens, je peux  parler du thème de la désobéissance civile et leur apprendre que la seule possibilité de grandir c’est de dire non. On ne grandit pas avec du oui. On ne peut pas dire être écrivain d’un côté et citoyen de l’autre, je suis les deux. Je ne veux pas le dissocier, surtout par les temps qui courent. Une bibliothécaire de Lille a été mise à pied parce qu’elle a présenté un livre traitant d’homoparentalité donc d’homosexualité. C’est énorme en 2017» explique-  t-il.
Des imaginaires à l’œuvre
Autre temps fort samedi salle Saint-Martial, une conférence autour du terroir a réuni deux écrivains défenseurs des campagnes : André Bucher et Bernard Farinelli. En  compagnie du journaliste Daniel Martin, ils ont échangé devant une salle bien garnie.
«Mon métier c’est le développement local. C’est ce qui m’a amené à réfléchir à toutes les questions liées au monde rural et à l’économie de proximité. Une autre partie de mon travail, une dizaine de livres, des fictions, a pour décor le monde rural mais il n’est pas fondamentalement associé au monde rural» précise Bernard Farinelli. Il est entre autres à l’origine du dispositif agrilocal. Il permet de mettre en lien via une plateforme internet producteurs et collectivités autour d’appel d’offres. Un outil né dans le Puy-de-Dôme qui a essaimé un peu partout et en Corrèze.
«Ce qui m'intéresse c’est quel imaginaire aujourd’hui pour le monde rural. Pendant des années, on s’en va grossir les villes, les mégalopoles. Comme s’il n’y avait pas de vie ailleurs. Alors qu’il me semble qu’en terme d’équilibre le monde rural offre un contre modèle, des alternatives aux grandes angoisses actuelles» constate  Bernard Farinelli.
Coïncidence, la première expérimentation du dispositif agrilocal a été réalisé dans la Drôme où vit André Bucher : «Je suis plutôt écrivain-paysan vu que je suis en retraite de l'agriculture.  Ma vie de paysan a nourri mon écriture et inversement. Je vis en montagne dans un coin rude à 30 kilomètres de Sisteron : froid l’hiver et sec l’été. Si on veut tenir le coup, il ne faut pas seulement planter des carottes, de l’ail, du blé ou de la lavande, ce sont des régions qui ont besoin d’un imaginaire pour les porter. C’est pour cela qu’on tient le coup. L’imaginaire c’est pour moi l’écriture. Je n’écris pas sur la nature, j’écris dans la nature» souligne André Bucher, un des paysans pionniers du bio en France il y a 40 ans et militant syndicaliste de la Conf’.
Marie Sizun, prix des lecteurs corréziens en 2016 -organisé par la BDP-, était de retour. Elle avait touché la sensibilité des  lecteurs avec son ouvrage «La maison guerre» (Arléa), récit ayant pour cadre la Seconde guerre mondiale avec l’histoire d’une petite fille de 4 ans et demi. «J’ai rencontré un public nouveau ici en Corrèze avec ce prix. C’est un livre difficile qui aborde un des aspects les plus horribles de la guerre : la chasse aux juifs. L’héroïne ne sait pas qu’elle est juive. Elle a été cachée chez des personnes âgées. Elle va découvrir par les propos des grandes personnes ce que c’est l’antisémitisme et la traque dont elle est la victime» souligne l’auteur  d’un  récit dont la matière fictionnelle mêle  imaginaire et vécu familial.
«La maison de ce couple âgé est une maison de mes tantes. Je l’ai vraiment habitée pendant la guerre, sans ma mère. Elle était malade et elle m’a laissée là. J’ai souffert de la même solitude et du même désarroi que la petite héroïne» précise Marie Sizun.
Jean-Paul Didierlaurent a remporté le prix de nouvelles Pierre Fossard à Tulle dans les années 1990.
«Ce qui m’intéresse dans l’écriture c’est de suggérer les choses plutôt que de les décrire. Je préfère utiliser quelques mots pour décrire un personnage  que des pages et des pages. C’est plus fort pour le lecteur de se faire son image. Moi-même je m’imagine mon personnage qui ne sera pas celui du lecteur. L’écrivain Jacques Salomé dit qu’un livre a toujours deux auteurs : celui qui l’écrit et celui qui le lit. Il n’y a rien de plus juste».
L’alchimie en  jeu dans ce premier rendez-vous littéraire de l’année.

Serge Hulpusch

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