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Neuvic se raconte en BD

Culture

Myriam Poupard et le dessinateur Shoota viennent de faire paraître aux éditions Les livres de l’Ilot, « Neufvic, d’aiguillon et de miel » qui retrace une partie de l’histoire souvent sanglante et parfois drôle du château de Neuvic. Une bande dessinée qui a été tirée à 500 exemplaires.
La sortie de ce livre a été lancée récemment au château de Neuvic, où se situent les intrigues.
Pour réaliser ce livre, Myriam Poupard qui est guide au château de Neuvic, propriété de la Fondation de l’Isle a fait appel à Shoota. De son vrai nom Gaël Desmulier, il est originaire du Nord et s’est installé à Vergt en 2004. Il est dessinateur et peintre, « mais je n’ai jamais fait cela pour publier ou vendre, c’était uniquement pour le plaisir. Mais ça fait longtemps que je voulais travailler sur un projet de bande dessinée. Mais quand on n’est pas connu, c’est difficile de trouver des débouchées et des gens qui vous font confiance. Myriam Poupard qui avait vu mes dessins de carnets de voyage est venue me solliciter pour un projet qui au départ devait être plus modeste  et porter sur deux ou trois planches pour illustrer l’histoire de Jean-Jacques-de-Saint-Astier  alias JJ2 et lorsqu’elle a vu les planches elle a voulu que ça aille plus loin et on est parti sur trois histoires, trois événements qui se sont déroulés au château. JJ2 est également un jeu de piste que Myriam a créé dans le château et que j’avais fait, donc les images me sont venues naturellement », explique Shoota.
Pour réaliser cette bande dessinée, Shoota a fait le choix de travailler avec trois supports et techniques différents. deux histoires sont en noir et blanc, la première en aquarelle monochrome sur fond de noir et la seconde en mine graphite. La troisième histoire a été illustrée à l’aquarelle. La BD comporte un peu moins de 40 planches et l’éditeur a fait le choix d’un format de bande dessinée classique avec une couverture rigide. Le dessin en lui même a nécessité trois mois de travail à Shoota. « Pour l’histoire de la marquise réalisée à l’aquarelle, je me suis inspiré des écrits du journaliste et essayiste Roger Vailland et particulièrement d’un recueil d’articles intitulée « Chronique des années folles » publié dans Paris Soir ».
Les dialogues ont été écrits par Myriam Poupard, « j’avais déjà quelques esquisses mais c’est vraiment un travail en collaboration », précise Shoota. « C’est un travail qui a été fait pour le compte de l’association N’Borré créée il y a peu pour monter des projets autour du dessin et j’ai trouvé intéressant de travailler avec eux. D’autre part, j’ai une formation d’éducateur et je sais que la bande dessinée doit être diffusée dans les collèges. C’est intéressant d’aborder l’histoire par la bande dessinée et ça peut donner envie aux enfants d’aller plus loin ».
La première histoire se déroule à l’époque d’Henri IV et les deux frères Fayolle étaient l’un de son côté, l’autre du côté des Anglais. Après la bataille donnant la victoire à Henri IV, celui-ci donna le château à celui des deux frères qui était de son côté, Bertrand. Quand celui-ci décède, son frère essaie de récupérer le château sans succès. Un de ses petit-fils essaie de le venger en assassinant la descendante de Bertrand, crime qui reste impuni. Puis il se marie et son épouse le trompe avec Jean-Jacques de Saint-Astier qu’il assassine. Il échappe une fois de plus à la justice en mourant trois mois plus tard (c’est l’objet de la seconde histoire). Si les deux premières histoire sont liées, la troisième est sans rapport.
L’histoire de la marquise se déroule dans les années folles. A cette époque, le château appartient à un milliardaire Américain qui l’a mis en vente et l’a laissé en gérance à une Anglaise. Celle-ci y organise des fêtes somptueuses et pendant plus d’un an se fait noter des ardoises chez les commerçants des alentours. Dans l’incapacité de régler les factures, elle demande à des complices de lui trouver un mari avec un titre. Ces derniers lui dénichent le parfait tourtereau dans un hospice pour vieillards. L’arnaque semble parfaite pour s’accaparer le château mais finalement elle est rattrapée par la justice et écope de la prison. « C’était vraiment du pain béni au niveau de l’histoire », estime Shoota qui s’est régalé à illustrer cet album.
« Mais je pense qu’il faut souligner le travail qu’a fait Myriam pour valoriser le château de Neuvic. C’est vraiment phénoménal tout ce qu’elle propose de découvrir sur le château qu’il s’agisse du jeu de piste ou du travail qu’elle a  fait pour la Journée des plantes avec le jardin botanique. Elle a vraiment été chercher tout ce qui peut être intéressant pour découvrir le château et je pense que l’album en fait aussi partie. C’est un moyen de découvrir la grande histoire à travers la petite ». Lors de cette présentation Myriam Poupard expliquait, « tout le monde connaît le château pour la Journée des plantes ou pour son caractère social avec les enfants mais personne n’en connaît l’histoire sauf les visiteurs. Ils aiment l’idée que les pierres de ce château protègent les enfants mais ce qui les fait le plus rire, c’est ce que nous avons mis dans le livre. Ce qui marche, c’est le croustillant et le sensationnel et c’est exactement ce qu’il y a dedans. Deux meurtres commis par le même meurtrier, le Marquis de Neuvic au XVIIé siècle, et au XXe, une escroquerie de haut vol où tout le monde dans les environ s’est fait plumer ». Et pour l’éditeur Jérôme Gabuteau,
« on a un vrai dessin et une vraie écriture donc il aurait vraiment été dommage de ne pas produire une vraie BD. C’est fait et c’est notre première ».
L’album est vendu 14 euros, il est disponible au château de Neuvic, dans toutes les grandes librairies du département mais aussi dans celles de la vallée de l’Isle. Par ailleurs, le Conseil départemental partenaire du projet en a acheté pour chaque CDI des collèges du département.

Philippe Jolivet