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CGT : ça ne coule pas de source

Finances publiques

Hier, pour l’ultime jour de dépôt des déclarations d’impôt sur le revenu des contribuables la faisant sur papier, la Cgt des Finances publiques distribuait aux citoyens se présentant au centre des impôts de Périgueux, un quatre pages pour répondre à toutes les questions qu’on peut se poser sur le prélévement à la source.

Comme chaque année à la même période, les contribuables étaient nombreux à se présenter à Périgueux, à la cité administrative, pour glisser dans la boîte aux lettres du centre des impôts leur déclaration. Ils étaient accueillis par quelques syndicalistes Cgt qui leur proposaient un petit document de quatre pages, intitulé : « Le prélèvement de l’impôt à la source en 10 questions ». Et preuve que cette problématique intéresse fortement la population, les passants s’arrêtaient en entendant le sujet du tract distribué, et non seulement prenaient le papier avec plaisir, mais en profitaient pour discuter avec les agents de cette révolution dont nul ne peut dire exactement aujourd’hui ses retombées et sa mise en place. Ainsi Carine, femme active d’une trentaine d’années, confie avoir entendu parler de ce prélèvement à la source, « mais sans y prêter attention. Je vais lire ce document. Cette réforme est passée dans un écran de fumée ». Elle craint que ça n’engendre « des situations compliquées, et ça peut poser problème, s’ils se trompent et prélèvent quand ils ne le devraient pas. Ce peut être bien pour ceux qui ont beaucoup à payer, car ce sera bien géré. Mais pour ceux qui gagnent peu d’argent, ils risquent de prélever sans s’inquiéter de savoir s’ils vont se retrouver à découvert ». Un jeune homme de 20 ans s’inquiète : « Comment ça va fonctionner pour moi ? Je suis patron, je viens de reprendre une ferme, j’ai un comptable mais il ne m’a pas informé ». Philippe, syndicaliste et agent des impôts prend le temps de lui répondre, tandis qu’une femme retraitée depuis un an s’approche. Elle aussi se demande ce que recouvre cette réforme. « Ma mère, qui a plus de 80 ans, vit dans un village du Var. Ils ont fermé la Trésorerie. Tous les ans, elle y allait pour faire remplir sa déclaration, afin d’être sûre de ne pas se tromper. Là, elle ne peut plus le faire. Le prélèvement à la source va supprimer le contact humain, qui pourtant donne plus envie aux gens de payer leur impôt ». Les fonctionnaires d’état vont dans son sens : « Le prélèvement à la source va développer le sentiment de chacun de payer pour les au-tres, et non pas en fonction de ses revenus, et ça va accélérer la scission, déjà patente dans la société, entre ceux qui ont les moyens de se payer les conseils de quelqu’un, et les autres ». Ils glissent aussi que ce sera utilisé comme argument supplémentaire par la direction pour continuer les suppressions d’emploi, sachant qu’en dix ans, cette administration a déjà perdu 30 000 postes, non pas chez les cadres supérieurs, mais chez les agents. Réorganisations de services, réductions d’horaires d’ouverture au public, « petit à petit, on ferme les portes de nos centres aux citoyens, ce qui accentue les inégalités face à l’impôt » confient les syndicalistes. Ils avouent leurs inquiétudes face à cette réforme, certes suspendue en attendant l’audit demandé par le nouveau Président (au fait, il n’était pas ministre de l’économie quand ce prélèvement à la source a été mis en place ?), et dont nul ne sait comment elle va s’appliquer. « Notre crainte est que ce soit une façon d’aller vers un impôt unique, qui ne tiendra plus compte des charges pesant sur les contribuables. Par exemple, un salarié gagnant 1 500 euros par mois sera prélevé de tant, mais peut-être que ce travailleur a des enfants, a droit à des crédits d’impôt... Il sera tout de même prélevé tous les mois et ne sera remboursé que l’année suivante. Or on sait qu’il y a de plus en plus de « phobiques administratifs ». Beaucoup ne viendront donc pas demander d’explications, et ne diront rien. Et comme ils seront habitués à toucher un salaire amputé des impôts, peut-être ne vérifieront-ils pas que tous leurs droits sont respectés ». Quant aux agents, ils vont se retrouver face à une usine à gaz qu’il leur faudra gérer malgré le manque d’effectif.

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