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Une demande toujours plus forte

Société

Les inscriptions pour la campagne d’hiver des Restos du cœur ont débuté mercredi dernier. Et l’association fait face à une demande croissante à l’image du centre Alphée Maziéras à Périgueux. L’association recherche également activement des bénévoles et a plusieurs projets de déplacement de centres pour un meilleur accueil du public.

Les inscriptions pour la campagne d’hiver des Restos du cœur a débuté mercredi dernier.
Au centre d’activité Périgueux rue Alphée Maziéras, c’est l’effervescence pour accueillir les personnes éligibles aux Restos du Cœur qui peuvent s’inscrire les 9 et 16 novembre de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h et tous les lundis et jeudis de 13 h à 16 h à partir du 20 novembre. Et tout porte à croire que le nombre de personnes à s’inscrire sera en augmentation.
« L’hiver dernier, nous avions entre 290 et  300 familles inscrites soit 1 150 personnes », explique Guy Morin responsable du centre. Un centre qui ne couvre d’ailleurs pas tout Périgueux puisqu’il en existe un second, qui a été déplacé du Gour de l’Arche dans le quartier du Toulon, ce qui illustre la demande en aide alimentaire. D’autant qu’il existe deux autres centres à Coulounieix-Chamiers et Boulazac (auquel Trélissac est rattaché). « Le nombre de familles inscrites est exponentiel par rapport aux années précédentes alors que depuis deux ans nous étions en stagnation voire en légère baisse pour ce centre, ce qui n’était cependant pas le cas pour l’ensemble du département. Et cela est dû à plusieurs phénomènes. Tout d’abord car les Restos au niveau national ont modifié le seuil pour être éligible ce qui fait que durant la campagne d’été (d’avril à octobre) nous avons eu une augmentation d’environ 50 % portant le nombre d’inscrits à un niveau équivalent à la campagne d’hiver où il y a toujours eu davantage d’inscrits. L’autre facteur qui explique cette augmentation, c’est que nous avons eu une vague extrêmement importante de migrants et de demandeurs d’asile, principalement d’Albanie, du Soudan, mais aussi de Syrie. Ce sont des gens sans ressources ou avec le minimum dédié par l’état qui rentrent donc en plein dans les critères des Restos. Et cette population représente environ 50 % des nouveaux bénéficiaires de la campagne d’été ». Des bénéficiaires dont l’accueil prend davantage de temps aux bénévoles du fait de la barrière de la langue. Outre ces nouveaux bénéficiaires, le centre accueille une population de familles assez stable, « beaucoup de bénéficiaires du RSA, des familles mono-parentales mais aussi des jeunes ne pouvant pas encore prétendre au RSA. Nous avons aussi des couples de retraités, ou des personnes à temps partiel, mais c’est plus rare car ce sont des gens qui ont des difficultés à faire la démarche de demander de l’aide », précise Guy Morin.
Pour cette campagne, il estime que le nombre d’inscrits sera au minimum celui de la campagne de l’hiver dernier, « ça va donc demander une importante mobilisation tant en terme humain que matériel. Et même avec les ramasses que nous faisons dans les magasins, c’est parfois juste. Surtout sur les produits frais. Et avec deux jours d’ouverture par semaine, il y a un risque d’épuisement des bénévoles. Il faudrait pouvoir doubler les postes pour suppléer les absences et ne pas avoir besoin de courir partout ».
Le centre de la rue Alphée Maziéras compte 32 bénévoles, « mais nous en avons besoin de davantage, car le nombre de familles augmente et les bénévoles sont vieillissants où ont des problèmes de santé pour certains. Il y a  aussi des postes plus pénibles donc il vaut mieux être un peu au-dessus des besoins en terme de bénévoles qu’en dessous car après ça pose des problèmes de fonctionnement ».
Les Restos du Cœur comptent 29 centres sur tout le département ainsi que deux annexes. Celle de Boulazac à laquelle est rattaché Trélissac ainsi qu’une à Excideuil à laquelle est rattaché Lanouaille. « Lors de la campagne d’été 2016 et d’hiver 2016-2017, nous avons distribué 850 000 repas pour
9 200 personnes soit 3 800
familles », explique Pierre Loas président des Restos du Cœur de Dordogne, « pour accompagner ces personnes, nous avons 700 bénévoles et le nombre de personnes que nous soutenons sur la Dordogne correspond à 2 % de la population. Suite à la modification des barèmes d’éligibilité, nous avons accueilli durant la campagne d’été 2016, 50 % de personnes en plus. Nous avons donc eu quelques difficultés pour fournir toute la nourriture nécessaire mais avec les ramasses liées à la loi anti-gaspi nous avons signé des conventions avec des magasins et ça nous a aidé à combler le manque. Il y a bien sûr eu l’afflux de migrants et de demandeurs d’asile, mais c’est un phénomène qui ne concerne que Périgueux et Bergerac. En revanche 51 % des personnes que nous soutenons sont des familles mono-parentales. Aujourd’hui, nous avons plusieurs projets dont celui de déplacer le centre de la rue Alphée Maziéras vers le quartier Saint-Georges afin d’être mieux répartis sur Périgueux, puisque le centre qui se trouvait au Gour-de-l’Arche a déménagé au Toulon. Mais pour cela, il nous faut trouver des locaux d’environ 700 m². D’autre part, vu l’augmentation du nombre de familles accueillies à Boulazac (35 aujourd’hui), nous souhaiterions ouvrir un centre d’environ 150 m² à Trélissac. Nous avons également des projets en cours de réalisation de déménagement de nos centres du Bugue et de Vergt dans des locaux plus adaptés ».
Et les Restos ont de nouveau défis à relever, « suite à une demande du national, nous portons davantage nos efforts dans l’aide à la personne au-delà de la question alimentaire. « Nous soutenons par exemple la recherche d’emploi en aidant les gens à monter leurs dossiers, ou à se préparer pour un entretien par exemple. Nous les dirigeons également vers les administrations compétentes sans pour autant nous substituer à Pôle emploi. Nous avons également un référant départemental qui aide les gens à monter des dossiers pour demander un micro-crédit puisque nous sommes conventionnés avec trois banques de Dordogne. Nous accompagnons les bénéficiaires jusqu’au remboursement total de leur crédit. Nous venons également de signer une convention avec le conseil départemental d’accès au droit et Info droit et d’ici la fin du mois de décembre nous aurons une permanence une fois par mois, dans un premier temps au centre du Toulon, avec des avocats qui viendront pour traiter les dossiers des personnes bénéficiaires des Restos. Mais au-delà, ce sera accessible à tous et pas seulement à ceux qui demandent l’aide alimentaire. Nous aurons aussi des référants bénévoles qui feront l’interface entre les avocats et les bénéficiaires et ensuite nous ouvrirons ce service à Bergerac et sur le reste du département », explique Pierre Loas qui précise que ce service sera gratuit.
L’association recherche des bénévoles notamment à son dépôt de Coulounieix-Chamiers, « nous avons besoin de personnes ayant des compétences et de la disponibilité pour les travaux de manutention et la préparation des palettes. Nous avons besoin d’une vingtaine de bénévoles au siège qui puissent être à la fois chauffeurs et manutentionnaires, mais aussi des personnes ayant des compétence en gestion ou en trésorerie, informatique, en logistique et en gestion des stocks pour le dépôt, mais surtout des chauffeurs manutentionnaires ».

Des missions très variées
Les Restos du Cœur accompagnent les personnes dans divers domaines.
« En fonction des demandes d’aides, nous orientons les personnes vers d’autres acteurs de l’action sociale ou économique », explique Guy Morin, « au-delà de l’aide alimentaire nous avons également un vestiaire qui est géré par trois bénévoles ainsi qu’un relais bébé avec un espace dédié où nous avons des couches, du lait et des vêtements pour des enfants de 0 à 18 mois. Nous soutenons également les enfants scolarisés en montant les dossiers d’assurance scolaire par convention avec la MAE. Nous ne faisons pas que distribuer de l’aide alimentaire, nous avons un espace accueil avec du café et des gâteaux où les gens peuvent rester tout l’après-midi s’ils le veulent. Ils ne sont pas obligés de venir uniquement chercher de la nourriture, c’est un lieu de convivialité, de rencontre et d’échange qui permet de recréer un lien social et le centre est ouvert hiver comme été », conclut Guy Morin.
Mais dans les centres des Restos du Cœur, les personnes peuvent également trouver du soutien à la recherche d’emploi, de l’aide administrative, des conseils en droit, de l’aide au micro-crédit, de la formation pour apprendre le français, de l’aide au devoir et de l’informatique, mais aussi de l’accès à la culture et aux loisirs par l’organisation de spectacles, de sorties, d’excursions et d’animations, de la coiffure. Certains centres proposent également des jardins de proximité et à Montpon ont été créés les Jardins du cœur où des chômeurs en fin de droit travaillent en maraîchage tout en bénéficiant de formations et de stages pour un retour à l’emploi.

Philippe Jolivet
Pour se renseigner, s’inscrire ou soutenir les Restos du Cœur composez le 05 53 07 26 41 ou par mail : ad24.siege@restosducoeur.org

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